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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

L’essentiel :

La redondance médiatique autour de l’Intelligence Artificielle :

- insiste sur les sommes colossales mises en jeu dans le futur, d’ici à 2030.   

- disqualifie ceux qui ne l’utiliseraient pas, n’y travailleraient pas, n’y investiraient pas de l’argent,

- entretient soigneusement les fantasmes  

Chronique.1 : les tweets d’Elon Musk et le surnaturel

Chronique.2 : « Intelligence Artificielle », une expression impropre.

Chronique.1 : tweets et surnaturel

Comme je l’ai indiqué dans l’article précédent, j’ai commencé à écrire ces articles début juillet, et choisit Elon Musk, comme étant la plus représentatif de l’univers de l’Intelligence Artificielle, celui qui flattait le plus nos fantasmes.

Il a été contraint de quitter la présidence de Tesla, mais reste directeur général …

Quand on est à la tête d’un empire du surnaturel savoir si des tweets sont « exacts ou complets » a-t-il un sens ?

Jusqu’où iront les « gendarmes de la Bourse américaine » (Securities and Exchange Commission) dans le retour à la réalité ?

Chronique.2 : « Intelligence Artificielle », une expression impropre

 

Comme il est toujours agréable de lire des auteurs qui partage la même opinion que soit, je me permet de citer quelques phrases clés de la chronique de Gilles Dowek parue dans Pour la science d’octobre 2018.

… «intelligence artificielle» relève d’une tradition fantastique ancienne qui, de Pygmalion et Galatée, Frankenstein et sa créature, Loew et le Golem, jusqu’à Geppetto et Pinocchio, met en scène la fabrication d’êtres humains sans recours à la reproduction sexuée.

… cette tradition s’interroge sur la frontière qui sépare le vivant de l’inerte et l’humain du non-humain, sur notre anthropocentrisme et sur l’anthropomorphisme qui consiste à éprouver des sentiments pour un ours en peluche.

… un algorithme d’apprentissage automatique n’est pas un pantin de bois devenu soudainement humain ….

 

Lecture :

Pour vous préparer au dernier article de Suites et Finances, je vous engage à lire des extraits Des pyramides de Ponzi dans l’économie de Kaushik Basu que j’ai mis en ligne sous le titre

Des systèmes de Ponzi camouflés

Fantasmes ou finances ?

    La couverture médiatique qui nous submerge est-elle seulement la conséquence des fantasmes (rappelé par le Pinocchio de Gilles Dowek) irradiant depuis « l’intelligence » de l’IA ?

J’en doutais encore un peu quand la lecture de l’article de Camille Lingre me fit écarquiller les yeux, et le cerveau.

 

D’ici à 2030, l’intelligence artificielle pourrait entraîner une augmentation du PIB mondial de plus de 15,7 trillions de dollars. Une opportunité commerciale incommensurable ….

L’annonce d’une somme aussi colossale ne peut que voiler quelque chose, mais quoi ?

 

Le Divin étant inaccessible à l’humain, le Divin est toujours représenté voilé. Le voile divinise celle qui le porte comme Arsinoé II, fille de Ptolémée Ier Sôter et de Bérénice Ire ; et épouse de Lysimaque, puis de Ptolémée Kéraunos, puis de Ptolémée II Philadelphe.

Les montages matrimoniaux des Ptolémée méritaient aussi d’être voilés.

Après l’évidence de l’aspect démiurge, la première réalité qui me vint à l’esprit est une réalité matérielle portée par une réalité financière ; et curieusement l’IA appliquée à la finance n’est pas, ou si peu, médiatisée.

 

 

Deux paramètres doivent être retenus dans l’annonce de Camille Lingre : d’une part la quantité de milliards de $ générée par l’IA et d’autre part le futur de son épiphanie.

Quantité

« 15,7 trillions de dollars », soit selon la métrologie financière des États-Unis cela fait 15 700 000 000 000 $

(en mathématique le trillion équivaut à 1018, c’est encore plus, mais le chiffre précédent est suffisant)

Un nombre aussi important de « 0 » derrière un chiffre fait déjà tourner la tête. Les esprits repris, j’ai essayé de trouver des équivalences parlantes   

    15 700 milliards, c’est environ le PIB des États-Unis ou de l’Union Européenne ; ou six fois celui du la France, mais cela ne m’évoquait toujours pas grand-chose

    

Je calculais alors simplement que si je parvenais à prélever juste le pourcentage, négligeable, de 0,0001% de cette somme, mes enfants seraient certainement à l’abri du besoin pour toute leur existence.

 

« pourrait »

Le « pourrait » apporte la nuance montrant que le 15,7 n’est qu’une estimation, sous-entendu une estimation supérieure, une valeur maximale.

Alors pourquoi donner trois chiffres « 1 » ; « 5 » et « 7 » ? La précision sous-entendue reflète un calcul tout à fait précis puisqu’elle correspondrait à un « très bon indice de confiance » (supérieur à 99%). voir IA.03 : les machines

Comme ce chiffre est évidemment une projection à 2030, est-il possible de prendre au sérieux une telle précision ?

Ou pour reprendre les mots d’Emmanuel Todd commentant des valeurs de PIB données au dollar près : « Je laisse les chiffres dans leur absurde précision originelle pour rappeler que les économistes ne doivent jamais être complètement pris en sérieux » Où en sommes-nous ? Chapitre 12

Dix trillions de $ aurait fait plus sérieux, en métrologie, mais pas dans l’univers médiatique  

 

 

Futur

Plus que « l’incommensurable » de la somme, qui pourrait être aussi bien dix ou cent fois plus faible, elle resterait le fruit d’une « augmentation », c'est-à-dire des dollars, des euros, yens, etc. qui, d’une manière ou d’une autre, seront transférés depuis les portefeuilles de quelques-uns (de beaucoup) vers des entreprises qui « font » de l’Intelligence Artificielle.

      Cette augmentation correspond à un transfert de capitaux, dont les intermédiaires recevront une juste rémunération (sans doute largement supérieure à 0,0001% !)

 « d’ici 2030 »

Si ce transfert de capitaux était continu ; par an, il représenterait quand même 1 000 milliards pour alimenter régulièrement l’IA.

Nous retrouverons 2030 comme perspective d’autres enjeux.

 « entraîner »

« entraîner », associé à « 2030 », confirme bien qu’il s’agit du futur.

« opportunité commerciale incommensurable »

Sous-entendu : … Opportunité qu’il est indispensable de saisir, et que « ceux » qui ne la saisiraient pas seraient laissés sur le côté de la route du succès et/ou de l’enrichissement et/ou de la promotion sociale.

Pires que des traînards, des Laggards, ce seront des exclus, les perdants, des loosers ... ou des imbéciles.

 

 

 

Vanités du monde

 

« Ceux » cible aussi bien les entreprises que des investisseurs, que des (jeunes) ingénieurs … et les politiques

 

 

 

 

 

 

 

De très nombreux articles nous plongent dans la futur de l’IA et tous ses fantasmes, l« La Chute de l'empire humain » m’en a semblé particulièrement représentatif.

« La Chute de l'empire humain »

 … est un ouvrage dont l’auteur, Charles-Édouard Bouée a été interviewé par Philippe Mabille pour Technos & Medias de La Tribune sous le titre est

"L'intelligence artificielle va être un énorme tsunami"

IA portative

Selon Charles-Édouard Bouée :

La première [vague] sur la période 2016-2026, va être marquée par le basculement dans l'intelligence artificielle portative, intégrée dans les téléphones mobiles et également dans tous les autres équipements que nous utilisons.

L’IA intègre déjà le Smartphone. L’intégration avec les montres connectées, objets domotiques … renforcera le culte de ces objets et la … domestication d’Homo sapiens !

La domestication ultime d’Homo sapiens sera-t-elle celle décrite par Georges Orwell dans 1984

Communication  

Les entreprises en parlent, les États s'en préoccupent et le sujet commence aussi à intéresser le grand public, à voir les nombreuses unes de la presse qui y sont consacrées.

C’est la communication autour de l’IA qui est le vrai « tsunami », pour reprendre le titre de Philippe Mabille, plus que l’IA elle même !

Une stratégie IA pour une entreprise, c'est quoi ?

C'est très différent d'une stratégie classique où l'on regarde la concurrence, le marché, les produits, les clients, etc. La première étape est de visualiser le futur, un futur assez lointain, au moins 2030.

Pour Charles-Édouard Bouée, comme pour Camille Lingre, et plusieurs autres, le futur c’est également 2030 !

Dans ce futur, il faut analyser tout ce qui dans son activité peut être impacté par l'IA. Ensuite, il faut développer une stratégie de conquête. Il faut apprendre à se projeter dans le futur

Point de singularité

Pour Charles-Édouard Bouée, une IA consciente [le point de singularité] d'elle-même pourrait s'éveiller dans le courant de la décennie 2030.

 

 

Et changer le monde...

 

Charles-Édouard Bouée … date [le] fameux point de singularité, au 15 août 2038. Cela peut arriver n'importe où, n'importe quand. Ce sera un « accident ». Ce n'est pas nécessairement celui qui cherche qui trouvera. Dans la thèse du livre, c'est une mise à jour de routine de l'IA qui déclenche son éveil.

 

Comme la foudre de Mary Shelley qui donne la vie à la Créature de Frankenstein.

Retour sur les éternels fantasmes dénoncés par Gilles Dowek  

 

 

Mais c’est sans doute bien avant 2038 que nous nous apercevrons que l’Intelligence Artificielle est nue comme le Roi est nu

Sauf, peut être si une Intelligence Biophysique se met en place

 

- La base d’une pyramide de Ponzi camouflée est une faible rémunération des cadres primo entrants.

- Cette pratique des « salaires de misère » est très générale dans les startups, ou l’était.

- Les fondateurs peuvent également s’attribuer un très faible salaire.

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