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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

L’essentiel :

Les fumeurs seraient moins sensibles au coronavirus SARS-CoV-2 

Cette tendance a été observée dans plusieurs études.

Et si le modèle causal reliant à la fois le tabagisme et l’effet protecteur vis-à-vis du Covid19 était une amertume ?

La nicotine serait-elle protectrice ? Ne serait-ce pas « simplement » l’amertume de la fumée ?

Être fumeur, ou ancien fumeur ne seraient-il pas juste qu'un indice prédictif d'une moindre prédisposition au Covid-19 ! … un indice, parmi plusieurs autres, dans la diversité des prédictions ?

 

"Nous ne sommes peut-être pas tous égaux devant le SARS-CoV-2, mais en identifiant le pourquoi de ces inégalités, on pourra tenter de les atténuer." Loïc Mangin

Rappel : mon objectif est de présenter des hypothèses de travail différentes à la communauté scientifique

 

 

Communiqués de presse

Marielle Ammouche annonçait déjà le 15 avril 2020 sur le site Egora.fr « Covid-19 : un effet protecteur de la nicotine ? »

 

Au terme de son étude sérologique à Crépy-en-Valois, publiée le 23 avril 2020, l’Institut Pasteur indique

    « Les sujets fumeurs semblent moins infectés par le virus : 7,2% des fumeurs de l’étude sont infectés, contre 28% des non-fumeurs. »

La conclusion est la suivante : « si cette observation est confirmée par d’autres études, comprendre comment le tabagisme protège du nouveau coronavirus peut ouvrir la voie vers des pistes de traitement préventif ou curatif du Covid-19. » !!!!

Selon mon hypothèse de travail : ce ne seraient pas de traitement, ni préventif ni curatif, mais juste un indice pour prédire !

 

Une question d’amertume

Inutile de se précipiter pour allumer une cigarette ! ou un cigare !

Ce n’est pas de fumer du tabac qui provoqueraient une certaine résistance au Covid-19, mais l’amertume de la fumée du tabac pourrait être un indice, un indice de plus, en faveur de mon hypothèse de travail sur Récepteurs à l'amertume. TAS2R. Les diversités

Fumeurs ou non fumeurs ?

Les … anciens fumeurs seraient inclus dans cette moindre sensibilité au Covid-19 !

Il est regrettable que l’étude de l’Institut Pasteur n’ait pas ajouté cette précision : "fumeur actif" ou "ancien fumeur".

Même si en biologie le raisonnement nous joue des tours et nous oblige à rester modeste …

Bien que la nicotine apparaisse amère sur la langue, il semble peu cohérent (il serait même "désastreux") qu’elle

- active à la fois un « récepteur nicotinique de l’acétylcholine »  « une ouverture concertée et symétrique du canal ionique » (comme l’a montré Jean-Pierre Changeux)

- et provoque, dans les tissus épithéliaux comme ceux des voies aériennes, une libération d’oxyde nitrique et de défensines.

 

L'observation  de  Wolfgang Meyerhof et ses collègues du Département de génétique moléculaire de Nuthetal (Allemagne) selon laquelle la nicotine n'active aucun récepteur à l'amertume (sur des cellules fœtales de reins humains) semble donc vraisemblable

 

Si vous n’êtes pas déjà fumeur, inutile de vous mettre des patchs de nicotine pour vous protéger contre le coronavirus !!!!

Vous risqueriez de devenir dépendant de la nicotine, puis au tabac !

Or comme le rappelle aussi l’Institut Pasteur que selon Santé publique France, le tabac est responsable de 75 000 décès par an en France.
Donc inutile aussi de se mettre à la Vaporette !

Tolérance à la fumée ?

 

Plutôt que de parler de fumeurs, ne serait-il pas nécessaire de parler de « tolérant » à la fumée du tabac ?

La fumée de tabac contient bien d’autres substances que la nicotine.

Ce serait l’amertume de la fumée, comme celle de la fumée des herbes brûlées dans le jardin (quand c’est autorisé), qui activerait des TAS2R, ... et que supporteraient les fumeurs

Les fumeurs supportent-ils également la fumée du barbecue qui elle, est bien connue pour contenir des substances polycycliques toxiques

Quel TAS2R ?

« Les recherches explorant la variation du TAS2R38 par rapport au tabagisme montrent des résultats mitigés. »

C’est par cette phrase que John Hayes et ses collègues de l’Université de Pennsylvania (USA) concluent leur publication

Contrairement à leurs attentes, les auteurs ont observé que les fumeurs perçoivent une amertume plus élevée que les non-fumeurs au 6-n-propylthiouracil (substitut moins soufré de la phénylthiocarbamide, utilisé pour repérer les Brocoli-Beurk (ces personnes qui sur-expriment le TAS2R38 et sont plus prédisposés à des infections pulmonaires, dont celles du Covid-19)

      

Ces « résultats mitigés », montrent que le récepteur à l’amertume activé par la fumée de tabac est pas le TAS2R38, mais un ou plusieurs autres récepteurs.

D’ailleurs, autour de moi, je connais des fumeurs, ou anciens fumeurs, qui sont des Brocoli-Beurk.

Bien d’autres récepteurs à l'amertume pourraient être activés par la fumée.

La phénanthroline (ou orthophénantroline) active le récepteur à l'amertume TAS2R5.

Sa molécule polycyclique étant "assez semblable" à celle du benzopyrènele présent dans la fumée (et très toxique), TAS2R5 me semble être un bon candidat comme récepteur activé par la fumée de tabac.

 

 

Un puissant indice prédictif ?

 

Les fumeurs et les anciens fumeurs pourraient-ils être, relativement, protégés du Covid-19 "simplement" parce qu’ils expriment des Récepteurs à l'amertume différents des non fumeurs?

 

Réciproquement, les intolérants à la fumée du tabac doivent-ils prendre les mêmes précautions que que les Brocoli-Beurk ?

L’intolérance à la fumée du tabac est une facette de la diversité génétique, mais avec un très large polymorphisme. 
L’intolérance à la fumée du tabac agit donc d’une tendance qui ne saurait évidemment pas s’appliquer à un individu en particulier.

Phase inflammatoire

Le « taux de pénétration du virus », plus faible chez les fumeurs, observée par l’Institut Pasteur à Crépy-en-Valois semble correspondre à la « phase virale » (voir Inversion pro/anti-inflammatoire)

Cette protection ne semble plus exister pendant la « phase inflammatoire ».

L’étude statistique menée par Mandeep Mehra et ses collègues de l’Harvard Medical School (Boston, USA), sur plus de vingt mille malades hospitalisés, le taux de mortalité des fumeurs est de 19% pour les fumeurs actifs et de 12% pour les anciens fumeurs.

La phase inflammatoire est celle dans laquelle interviennent les macrophages.

La plupart des macrophages étudiés par Philippe Devillier et ses collègues de l’Université de Paris-Saclay, étaient issus de poumons dont la plupart étaient ceux de fumeur actifs ou anciens. Voir Effet anti-inflammatoire

En incluant les travaux d’autres équipes, la conclusion de cette équipe est la suivante :

« L'impact du tabagisme et de la maladie pulmonaire obstructive chronique sur la libération de cytokines, … varie considérablement d'une étude à l'autre et d'une cytokine à l'autre. »

S’il fallait une nouvelle preuve, nous retrouvons ici la diversité des individus face au Covid-19 (Voir Polymorphisme)

 

 

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