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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

L’essentiel

Je ne prendrais au sérieux les ingénieurs qui travaillent sur la voiture autonome que quand ils auront réussi à faire fonctionner correctement un robot de piscine.

Sont-il sérieux ou cherchent-ils seulement à satisfaire leurs fantasmes ?

 

Cybernétique

      Il y eu d’abord la cybernétique (du grec « pilote, gouverneur »), mot inventé par André-Marie Ampère, fondateur de l'électromagnétisme, et possédant une culture suffisamment enviable pour qu’il soit professeur de mathématiques et de mécanique à l'École polytechnique, professeur de physique au Collège de France et … de philosophie à la Sorbonne.

 

 

 

Reprise et anglicisée en 1947 par Norbert Wiener, la cybernétique devint la « théorie entière de la commande et de la communication, aussi bien chez l'animal que dans la machine » et devint un courant de pensés intégrant des « mathématiciens, logiciens, ingénieurs, physiologistes, anthropologues, psychologues... »
 

IA.04 : La voiture autonome : un fantasme ?

Quelques temps après, Albert Ducrocq définit cybernétique comme le principe « des outils qui prolongent sa pensée » et en fit, en 1953, la démonstration devant la toute nouvelle télévision avec son robot cybernétique dont il avait curieusement recouvert d’une peau de renard.

 

 

 

Construit pour évoquer « les structures du cerveau humain » et « capable d’atteindre un but », Job, c’était son surnom, se promenait dans la pièce, suivait la lumière d’une lampe de poche et allait seul recharger ses batteries.

Voir la vidéo de l'INA

 

 

 

 

 

Vinrent les systèmes experts « capable de reproduire les mécanismes cognitifs ».

Après « prolonger la pensée », l’intelligence était proche, « intelligence artificielle » est née en 1956, inventée par John McCarthy et Marvin Lee Minsky.

 

 

 

Parmi les nombreuses machines « autonomes » qui ont dû voir le jour, j’ai personnellement connu, vers 1965, celle de la société suisse de transport : Danzas. Un tracteur remorquait un « train » de wagonnets. « Autonome », il suivait des rails électromagnétiques situés sous le bitume des quais de la gare de fret jusqu’au wagon où des manutentionnaires y transféraient le contenu du wagonnet. Des « déraillements », au moins bihebdomadaires étaient la preuve du manque de fiabilité du système. Déjà !

Robots de piscine.

    Plus de soixante ans ont passés depuis le renard cybernétique. Si l’électronique a fait des progrès considérables le concept reste le même, et je ne prendrais au sérieux les ingénieurs qui travaillent sur la voiture autonome que quand ils auront réussi à faire fonctionner correctement un robot de piscine.

La présence de parois définit clairement l’espace d’une piscine.

Aucun cycliste ne risque de surgir devant le capot du robot, il est même recommandé de ne pas se baigner pendant que le robot fonctionne.

Si l’Intelligence Artificielle  dont il est doté le rendait vraiment autonome, pourquoi reste-t-il à patiner dans un coin, toujours le même ? Pourquoi s’obstine-t-il à nettoyer pendant une demi-heure le bord du skimmer (bouche de sortie d’eau permettant d’évacuer les feuilles, brins d’herbe, insectes, etc. qui se trouvent à la surface de la piscine).

Pourquoi lui faut-il plus de trois heures pour nettoyer, incomplètement, une piscine, alors qu’armé de son seul aspirateur manuel un humain parvient à avoir une propreté parfaite en moins d’une heure, sans oublier aucune partie.

    Pragmatiques, conscients du manque de fiabilité du système, les vendeurs de robots de piscine conseillent d’ajouter une télécommande pour permettre à l’utilisateur de réorienter le dit robot vers les zones oubliées, ou de le sortir d’un patinage qui serait éternel sans l’intervention humaine.

 

Bien que n’ayant pas un fil électrique à traîner, les tondeuses à gazon et les aspirateurs ménagers « autonomes » ne font guère mieux que le sexagénaire renard cybernétique. Il est rassurant qu'il sachent encore aller brancher leur batterie avant qu’elle ne soit complètement déchargée.

Visions

Parmi tous les défauts de conception de la voiture « autonome », je rappelle que que les ingénieurs semblent avoir occulté, ce qu’aurait pu leur souffler un biophysicien, en l’occurrence qu’un humain conduit sa voiture en utilisant sa vision latérale.

Il n’utilise sa vision centrale que pour lire (avec difficulté) les panneaux routiers,

Pourquoi des voitures autonomes ?

Et si ces voitures autonomes n’étaient avant tout de la « com », du marketing, le support d’un fantasme ou d’un mystère soigneusement entretenu …

… pas très éloignés de ceux du Transhumanisme.

 

Si je ne prends pas au sérieux les ingénieurs qui travaillent sur la voiture autonome, je prends parfaitement au sérieux ceux qui la finance.

- Le récent algorithme Inception V4 de Google dédié à la reconnaissance du mélanome permet une aide au diagnostic dont l’indice de confiance est bon (95%)

- … mais le dermatologue reste seul responsable de sa décision.

- Google deviendrait salvateur s’il pouvait avertir les individus sur l’évolution de leurs grains de beauté, mais l’indice de confiance est insuffisant pour que ce rêve devienne réalité.

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