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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

L’essentiel

Les bits d’un ordinateur classique ou les qubits d’un ordinateur quantique ne peuvent exprimer qu'un langage.

 

Si un flou artistique de nos sentiments » est présent dans notre cerveau, il est rendu possible par la plasticité et la ferroélectricité les protéines de mémoires, leurs propriétés ferroélectriques les font entrer dans le monde quantique.

Si la connaissance d’un réseau, même neuronal, est importante, elle l’est moins que l’information que ce réseau transmet.

 

Si elle voit le jour, une « Digital memcomputing machine » se rapprochera de l’Intelligence Biophysique.

 

Un lecteur, que je remercie, m’a demandé si le futur ordinateur quantique permettra de mimer les protéines de la mémoire naturelle et de fabriquer des machines à Intelligence Biophysique.

Ma réponse me permet de revenir sur la place des protéines dans la mémoire.

Protéines de mémoire

Il n’est pas inutile de rappeler que le support de la mémoire est de nature protéique

    Autre rappel : sans aucune précaution épistolaire, j’utilise en général le présent même quand il ne s’agit que d’hypothèses schématiques et/ou personnelles, souvent, il est vrai, émises par analogie avec d’autres systèmes biologique reconnus.

 

Le plus proche, et le plus pédagogique, de ces systèmes est certainement le système immunitaire. En effet, les protéines impliquées dans les fonctions immunologiques adaptatives « ignorent » tout de l’antigène (par exemple : un virus, un grain de pollen; ... ) auquel elles doivent répondre par la production d’un anticorps.

 

 

 

De même, les protéines de mémoire ignorent quelle information doit être mise en mémoire.

Sollicité, l'astrocyte, à partir du même gène, exprime environ deux mille protéines A; A2 ; … A2000 semblables mais pas identiques, le nombre de chacune peut être estimé à environ deux cents, il y a deux cent A1, deux cent A2 … et deux cent A2000.

À ces protéines A sont adjointes des protéines B de nature moins variées : B1 ; B2…B30 et peut-être une troisième protéine C identique.

Le tore (voir schéma) réunissant deux A, deux B et deux C est l’organisation la plus vraisemblable de ces oligomères protéiques.

Comme la quasi infinité de la mémoire … naturelle, la réunion de plusieurs ce ces protéines mnésiques en des tores mnésiques permet un nombre quasi infini d’associations différentes ; par exemple A32 ; A142; B12 ; ; B7 ; C ; C.

 

La réunion de plusieurs ce ces protéines mnésiques en oligomères (structure quaternaire) permet un nombre quasi infini d’associations différentes, comme la quasi infinité de la mémoire … naturelle !

 

 

Le tore mnésique, comme toutes les protéines, contiennent des charges électriques positives et négatives.

Ces charges forment un vecteur de champ électrique permanent, on parle aussi de polarisation naturelle. La plasticité des protéines ajoute une propriété supplémentaire à ce champ/vecteur, celui d’être ferroélectrique, sachant que le suffixe « ferro » n’est qu’une analogie avec le cycle de polarisation des matériaux ferromagnétiques.

en accord avec la plasticité synaptique observée pour la première fois par Ramon y Cajal, la plasticité, est plus ou moins importante selon les protéines. Celles de structure comme celles de la joue sont plutôt moins plastiques que les autres. Les protéines les plus plastiques, ou « intrinsèquement désordonnées », sont les protéines de « signalisation », comme par exemple les récepteurs hormonaux ou des récepteurs de neurotransmetteurs ou encore les protéines de … mémoire

Cette plasticité se traduit dans les cellules par un - petit - changement de structure spatiale de la protéine , donc également un petit changement de son vecteur électrique.

Ce changement peut avoir pour origine différents facteurs comme

- un changement de son environnement, par exemple le taux d’eau comme-de-la-glace

- le voisinage d’une autre protéine et du vecteur électrique qui lui est associé

- la proximité d’une membrane plasmique comme celle des jonctions synaptiques.

- tout autre champ électrique voisin

- simplement le hasard, ce qui nous fait entrer (déjà par cette porte) dans le domaine de la mécanique probabiliste

 

La plasticité permet également, pour certaines protéines, des changements radicaux de conformation, c'est-à-dire la possibilité de passer d’une conformation« stable et active »  X à une autre conformation « stable et active » différente Y (sachant que le configuration la plus stable est en général biologiquement inactive, par exemple le blanc d’œuf battu en neige)

 exemples de processus de changement de conformation :

- après phosphorylation (sur des fonctions latérales de sérine/thréonine).

- fixation d’un effecteur (substrat, hormone, neuropeptide, effecteur allostérique, etc.)

- etc.

Chaque conformation, X et Y, a son propre vecteur de champ ferroélectrique, et une plasticité qui lui est propre. 

Mémoire immédiate

J’ai utilisé le système immunitaire pour présenter la mémoire à long terme, cette analogie peut s’étendre entre la mémoire immédiate et le système immunitaire inné

      La mémoire immédiate serait créée par une modification provisoire de conformations de protéines mnésiques préexistantes.

Réseaux

 

 

 

 

 

Les ingénieurs de l’IA s’imaginent faire de l’intelligence en mimant les réseaux neuronaux. Mais un réseau quel qu’il soit, ne transfert que les informations qu’il possède, ou qu’il a acquises. Or ces informations sont détenues par des protéines, des protéines ferroélectriques et particulièrement plastiques.

  

Les réseaux de transport utilisés par La Poste depuis le dépôt du courrier jusqu’à votre boîte au lettre est un élément important dans l’étude de l’information, mais il ne faut pas négliger que le plus important reste la lettre qui est transportée ; plus exactement, les informations contenues dans la lettre que vous venez de recevoir.   

 

Le contenu de l’information est plus important que le réseau qui le transporte.

 

Les ingénieurs de l’IA devraient aussi savoir que dans l’intelligence naturelle :

- les réseaux sont dynamiques

- demandent une maintenance d’un tiers du temps, huit heures par jour en moyenne.

- les neurones ne sont pas les seules cellules du cerveau,

- la maintenance est assurée, principalement, par les cellules gliales,

- Plus encore : les cellules gliales sont « essentielles à la mémoire »

Langage impersonnel et sentiments flous

L’IA utilise un langage, or justement le langage, le langage humain est lui-même insuffisant pour exprimer nos sentiments.

      Bien qu’ayant des préoccupations très éloignées de la préparation du Bac philo, confiant envers les programmations d’Adèle Van Reeth j’écoutais sur France-Culture Les Chemins de la philosophie dédiés à une Explication d’un texte de Bergson.

Après la citation suivante :

… « Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu’il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. »

… j’eus la surprise d’entendre Gilles Vervisch, le professeur de philo invité, remarquer, presque en aparté, comme pour s’excuser d’avoir une opinion aussi audacieuse :

« Mais peut-être que nos sentiments sont assez flous et le langage qui découpe de manière un peu trop strict la réalité, correspond mal à l’expression du flou artistique de nos sentiments ».

 

Encore cette fois, le philosophe devance le scientifique !

Classique, quantique, biophysique.

 

Dans un ordinateur classique, les bits, porteurs de l’information, sont soit dans l’état « 0 » soit dans l’état « 1 » dans un hypothétique ordinateur quantique, un bit quantique, ou qubit, est une superposition d’états « 0 » et « 1 ».

 

 

Si cette superposition vous surprend, voire vous agace ; vous pouvez consulter l’annexe

IA.08.02 : La danse et la superposition quantique

… vous y découvrirez que si elle semble contrarier une certaine logique, la superposition n’est pas étrangère à notre cerveau, même si c’est à notre insu elle peut enchanter un spectacle de danse.

 

Pour des bits ou qubits, superposés ou pas,

1° les valeurs ne sont  que « 0 » et/ou « 1 »,

2° les portes logiques sont fixes et soit ouvertes soient fermées, soit les deux superposées pour les qubits.

3° ils ne « défilent » que selon une seule dimension (et ne peuvent porter qu’un langage)

 

Remarquons que la numérotation 0-1 a été inventée par Leibniz, philosophe dont le déterminisme fait se gausser Voltaire.

 

Considérant le vecteur champ d’un tore protéique,

1° La plasticité des protéines fait que dans un certain état le module, pris en « moyenne » comme unitaire, sera de 1,08 puis 0,97 à l’instant suivant ou dans un autre état/environnement.

2° Les portes logiques sont à la fois un peu changeantes et presque ouvertes (ou bien presque fermées selon les cas)

3° Sa plasticité permet à un tore mnésique de s’accorder à un signal qui n’est pas exactement le sien.

4° Le vecteur est en trois dimensions (et peut porter des pensées, des sentiments, ou la sensibilité au charme d’un ballet bien réglé.

 

 

 

Le flou, artistique ou pas, est possible d’après l’ensemble de ces propriétés mais elles restent dans le domaine déterministe et classique, sauf que …

Le memcomputing

… sauf que la ferroélectricité peut être du domaine de la mécanique quantique.

Les physiciens de l'Oak Ridge National Laboratory en (re)firent la découverte en cherchant à utiliser des matériaux ferroélectriques pour fabriquer des supports de mémoire, pour l’informatique

 « Lorsqu'ils ont commencé à réduire la taille des domaines, le contrôle de leur polarisation a commencé à leur échapper en formant spontanément plusieurs domaines dans des régions adjacentes à celles où les physiciens tentaient d'écrire l'équivalent d'un « 0 » ou d'un « 1 » nous rapporte Laurent Sacco en 2013

      Ils virent la possibilité de faire avec des matériaux ferroélectriques ce qu'ils appelèrent du « memcomputing ». L'idée était d'utiliser des composants électroniques qui seraient capables de servir aussi bien de mémoire que de circuits pour des opérations de calcul logique.

     « Ce qui est fascinant, selon les chercheurs, c'est que les neurones du cerveau humain semblent faire du memcomputing »

En effet, et si la « taille des domaines » est celui de quelques tores protéiques de mémoire, ceux-ci « passeraient » dans le domaine de la mécanique quantique ; et l’épiphanie du damier serait contingente des vecteurs ferroélectriques des tores protéiques de mémoire.

 

   Le principe d’une « Digital memcomputing machine » a été repris par Fabio L. Traversa et Massimiliano Di Ventra de l’Université de Californie (San Diego) dans un article qu’ils ont complété en 2017.

Le schéma montre la rupture complète avec l’architecture informatique « classique » de von Neumann et qu'elle pourrait se rapprocher de l'Intelligence Biophysique.

 

J’ignore où en est la construction de cette machine.

En ignorant cette machine, tous la « grands » de l’Intelligence Artificielle nous laissent penser que leur réel objectif est ailleurs, voilé, voire camouflé.

 

Complément :

 

Si la superposition quantique d’un « 0 » et d’un « 1 » choque notre raisonnement, notre cerveau, lui, sait très bien faire des superpositions.

Cette superposition apporte un charme enchanteur à un spectacle de danse.

 

Le cerveau est capable de bien d’autres superpositions comme

- les conversations croisées

- pendant un spectacle cinématographique

Savoir utiliser son regard peu donner un plaisir supplémentaire !

Suite :

Par une domestication réciproque, en domestiquant le blé … la chèvre …, l’Homme a été lui-même domestiqué. davantage les « sages » Régnants que les « sauvages » Conquérants.

    Domestiqué, l’Homme avait besoin de Maîtres, il en fit des Dieux. Ce furent de puissants bisons, lions ou taureaux ; puis il les fit à son image, puis il n’en garda qu’un seul universel, puis vint le numérique, les GAFA et la religion du S-phonisme.

     Comme toute religion, le S-phonisme a son objet rituel : le Smartphone.

     Par l’intermédiaire du Smartphone, pour la première fois dans l’Histoire de l’Humanité, les Dieux répondent aux Hommes.

     Nouveau symptôme de névrose obsessionnelle, le rituel religieux du Smartphone fait entrer l’humanité dans une nouvelle phase de domestication.

    Homo sapiens devient-il Homo S-phoniens ?

   Comme les anciens dieux, les GAFA rassurent mais aussi surveillent et inspirent la crainte.

     Les Réseaux sociaux sont les nouvelles églises du S-phonisme, pour le meilleur et pour le pire.

    Les GAFA échoueront dans leur volonté de remplacer notre intelligence par leur Intelligence Artificielle et déterministe. Ils périront de cet échec.

    En les détrônant, les « sauvages » Conquérants ouvriront de nouveaux espaces de diversité et de liberté, qui seront bientôt … repris et gérés par des sages Régnants ... qui feront entrer l’humanité dans la phase suivante de … domestication.

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