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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

 

... qui aurait pu être l’énergie d’aujourd’hui si des politiques vénéneuses ne s’étaient pas harmonisées avec de sévères conflits d’intérêt.  

La filière thorium bénéficie de deux technologies (connues), celle du réacteur à sel fondu d’Alvin Weinberg et celle de l’Amplificateur d’Énergie de Carlo Rubbia.

Thorium. La niche du chauffage industriel ?

Le thorium sera-t-il relancé par une … Cadillac ? dont il est le carburant « à vie ». 

La première centrale au thorium sera-t-elle lunaire ?

Le thorium un « combustible » sans problème

 

 « Énergie renouvelable », sonne bien et rime avec « développement durable ».

Mais en dehors de la poésie, qu’en est-il exactement ?

(Le concept « Énergie renouvelable » appartient à la théologie, mais c’est une autre histoire ! à laquelle je consacrerais peut être un jour un article …)

       La COP21 n’a été qu’une victoire des gaziers sur les charbonniers, puisque le gaz produit moins de CO2 que le charbon. Double victoire puisque qu’en absence de vent ou de soleil, il faut relayer l’éolien ou le photovoltaïque « renouvelables » par des centrales au gaz.

 

L’avenir énergétique d’Homo sapiens reste bien celui de centrales nucléaires mais en remplaçant l’uranium par le … thorium.

 

Le thorium est un métal proche de l’uranium, sauf qu’il n’émet qu’une faible radioactivité.

Pourquoi est-il le seul « combustible » de l’énergie de demain ?

 

 

- Très peu de déchets radioactifs comme ceux qui empoisonnent la filière du nucléaire à l’uranium. Après fission, le thorium devient du plomb, du simple plomb non radioactif.

Du plomb rien que du plomb dont on faisait des tuyaux.

Que du plomb, ou presque, très peu de plutonium, pas de possibilité de faire une bombe. Pas de prolifération des armes atomiques avec le thorium ! Pas de surveillance particulière des pays qui construiraient (construisent ?) une centrale au thorium, même aux portes d’Israël.

Figure empruntée à Fission Liquide

- Aucun souci d’approvisionnement. S’il est vrai que le thorium n’est pas renouvelable, mais les réserves sont inépuisables à l’échelle de l'espérance d'existence d’Homo sapiens. Elles sont évaluées à cinq millions d’années.

En se référant à la biologie de l’évolution, l’espèce sapiens aura disparu bien avant que les réserves de thorium soient épuisées.

Même le genre Homo aura disparu, et s’il n’avait pas disparu, pour les successeurs d’Homo sapiens, d’autres technologies de rupture auront vu le jour, comme la fusion prométhéenne de l’hydrogène.

De plus tous les pays ont dans leur sous sol plus ou moins de thorium. En France, pas tellement, mais suffisamment pour quelques milliers d’années… sans compter, immédiatement disponible, de quoi fournir toute l’énergie aux Français

... pendant une année (d’après le documentaire d’Arte),

... et même 190 ans d’après  Fission Liquide

 

 

- Aucun risque d’accident de type Tchernobyl. Sans réaction en chaîne, la centrale s'arrête. Un point, c’est tout.

 

 

- Aucune difficulté de démantèlement en fin d’activité des centrales au thorium. Évidemment moins que les centrales à uranium et même moins que les « fermes » de panneaux solaires. (voir article de Céline Deluzarche)

- Aucun problème technologique.

Deux filières (connues) existent, toutes les deux anciennes et fiables : celle du réacteur à sel fondu d’Alvin Weinberg et celle de l’Amplificateur d’Énergie de Carlo Rubbia.

 

Weinberg’s molten salt reactors

 

La plus ancienne filière consiste à doper le thorium avec un peu d’uranium, ce dernier produisant les neutrons nécessaires à la fission du thorium.

C’est la technologie du « sel fondu » (du nom du fluide caloporteur utilisé) inventée et défendue par Alvin Weinberg.

 

 

Voir Thorium, la face gâchée du nucléaire - ARTE Documentaire

ou, sur un autre site : Thorium, la face gâchée du nucléaire - ARTE Documentaire

  

Quand, en 1948, il dirigeait une équipe de l’Oak Ridge National Laboratories, Weinberg estimait que les réacteurs à sel fondu qu’ils avaient conçus étaient « beaucoup plus simples que ceux d’une montre suisse. »

Alors ?

Quand, en 1948, il dirigeait une équipe de l’Oak Ridge National Laboratories (que nous avons déjà visité pour les innovations de ses physiciens en matière de ferroélectricité et pour le Memcomputing), Weinberg estimait que les réacteurs à sel fondu qu’ils avaient conçus étaient « beaucoup plus simples que ceux d’une montre suisse. »

Alors ?

Fonctionnelle dès 1953, la filière thorium fut abandonnée. Pourquoi ? Nous étions en pleine Guerre froide et le thorium a le « défaut » de ne pas produire de plutonium. Aucun plutonium dont on pourrait faire une bombe. La puissance de nuisance du politique !

(Alvin Weinberg présentant « son » réacteur au thorium au président Kennedy et, coïncidence, au sénateur Al Gore, pour lequel cette énergie quasi inépuisable entrait en conflit direct avec ses futures ambitions « environnementales » et de "réchauffement climatique".)

 

 

Le documentaire d’ARTE nous apprend aussi que des ingénieurs chinois avaient travaillé sur l’énergie « verte » du thorium mais que, comme tous les intellectuels, ils avaient été envoyés en « rééducation » par les Gardes rouges.
La puissance de nuisance du politique, bis !

La rubrique des politiques vénéneuses est hélas toujours ouverte :

« Intervention du député Benoit Potterie, député du Pas-de-Calais, lors de la 2ème séance publique du jeudi 22 février 2018 à l'assemblée nationale : questions sur la stratégie de sortie du nucléaire » :

« Assemblée nationale : réacteurs à sels fondus et thorium. »

https://www.youtube.com/watch?v=Ru-QPJLnvhw

 

 

 

La filière thorium allait-elle être relancée par ce député aussi visionnaire que courageux ?

Que nenni !

Nicolas Hulot veillait et balaya cette éventualité d’un revers de la main.

 

Le vénéneux continue de triompher.

 

Rubbiatron 

 

La deuxième filière est l’Amplificateur d’Énergie, ou Rubbiatron, en hommage à son inventeur, le bouillonnant Carlo Rubbia, lauréat du prix Nobel de physique en 1984.

La fission est produite dans le réacteur, non pas par un dopage par l’uranium, mais par des neutrons accélérés, comme le permet les accélérations réalisées au CERN, où travaillait Carlo Rubbia.

 

CERN = Conseil européen pour la recherche nucléaire ; maintenant : Organisation européenne pour la recherche nucléaire.

 

Avec le Rubbiatron aucun uranium n’est nécessaire.

 

Moyennant une technologie, il est vrai beaucoup plus lourde, les centrales au thorium permettraient « d’incinérer » la quasi-totalité des déchets produits par les réacteurs actuels, et même le plutonium stocké dans les différents arsenaux militaires. … en produisant de l’énergie suffisante aux besoins énergétiques d’Homo sapiens pendant mille ans !

Le thorium réussira là où les réacteurs à neutrons rapides, les surgénérateurs, comme celui de Superphénix, avaient échoué.

L’accélérateur de neutrons utilisé par Carlo Rubbia avait plusieurs kilomètres. Cette longueur a fait recaler le Rubbiatron à l’examen par le Sénat français des différentes sources potentielles d’énergie. Dommage que nos sages n’aient pas anticipé une miniaturisation !

 

Des accélérateurs compacts, où les particules chevauchent une onde de champ électrique créée dans un gaz, remplaceront les géants d'hier.

En 2006, Chandrashekhar Joshi concluait son article en augurant que « des accélérateurs à un milliard d'électronvolts à champs de sillage laser seront [bientôt] sur nos tables. »

_

Vapeur

Revanche de la vapeur, la technologie du Rubbiatron comme celle des sels fondus (comme d’ailleurs celle de l’uranium) nécessitent en fin de chaîne, une turbine à vapeur, elle même produisant de l’électricité (et de la chaleur résiduelle utilisable pour chauffer des appartements, des serres, etc. )

     Une autre étape pourrait être franchie par la production d’électricité, industrielle, directement à partir d’une différence de température (effet Seebeck). Des sociétés travailleraient déjà sur la conversion de la différence de température entre les pipes d’échappement des automobiles et celle de leur radiateur.

Quand ?

D’après le reportage d’Arte, quelques réacteurs à sel fondu sont en expérimentation en Chine, au États-Unis, des recherches sont entretenues en France, à Saclay et à Grenoble.

    Par ailleurs un réacteur existerait en Inde, un autre, très discret en Norvège, pays de Thor, et qui possède, divin oblige, une des plus importes réserves de thorium actuellement connues dans le monde.

Au Japon ? Il y avait beaucoup de thorium dans la centrale de Fukushima. Pourquoi ? Était-ce uniquement pour la cloche de protection comme cela a été déclaré par les autorités japonaises ?

 

 

Pourquoi n’avons-nous pas encore de Rubbiatrons (connus) en activité ?

Ortensio Zecchino, ministre italien de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avait annoncé le lancement d’un Rubbiatron pour … 1999.

 

1999 arriva, Carlo Rubbia se dit "tout à fait confiant" en une production d’électricité par le Rubbiatron avant une vingtaine d'années.

Nous y sommes presque.

 

Sans témoin, les experts d’aujourd’hui confessent que le thorium est évidemment l’énergie de demain. Quand sera-t-elle mise en activité ? « Dans cinquante ans. », ajoutent-ils… depuis vingt ans

Quant à AREVA … Il paraît que le thorium fut évoqué mais ce fut l’EPR qui gagna. Il fallait d’abord finir de rentabiliser la filière uranium.

Idem pour les Coréens

Et pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

 

Thorium. La niche du chauffage industriel ?

 

Si le thorium reste la seule énergie de demain, aujourd’hui l’énergie est plurielle : bois, charbon, pétrole, nucléaire,…, photovoltaïque, éolienne, bio-méthane, hydrogène, …

 

Le thorium trouvera sa place dans ce plurielle,

… sans doute avant vingt ans.

… sans doute dans des niches. Peut-être non pas pour produire de l’électricité, mais simplement comme appareil de chauffage industriel.

D’autres niches sont certainement à prendre, il suffit pour cela d’un peu d’imagination …

Une automobile au thorium

 

Les vues d’artiste du plan de la Cadillac WTF fonctionnant au thorium ne permettent pas de juger de la filière utilisée: "sels fondus" ou Rubbiatron ?

 

Et pourtant Laser Power Systems (Connecticut, USA) le fait tourner !

 

Voir aussi article de Turbo : Insolite : la voiture nucléaire, bientôt une réalité ?

 

D'après les scientifiques, il faudrait juste 8 grammes de thorium pour faire parcourir pas moins de 482.800 kilomètres à une voiture.

C’est un peu une revanche de l’Œuf de Pâques de Léon Serpollet, puisque, vraisemblablement, comme pour les autres centrales au thorium, c’est la vapeur qui fait tourner le moteur.

 

 

 

 

 

 

L’énergie « verte » au thorium va-t-elle rebondir depuis le paraître d’une luxueuse Cadillac ?

La Cadillac WTF (World Thorium Fuel)

Peut être.

L’autonomie énergétique de cette automobile serait la même que la durée de vie de la même automobile. Avec une automobile au thorium, jamais de "plein" à faire ! Plus aucun passage par la pompe à essence ! ou tous les cent ans !

Idem pour les camions, les autocars, les engins de travaux, etc.

Qui s’opposerait à un tel progrès ? Je crois que vous avez deviné ?

 

Les immeubles, puis les maisons individuelles pourraient être équipées d’une centrale au thorium.

Qui s’opposerait à un tel progrès ?

Rien de nouveau sur Terre au sujet des centrales au thorium.

L’axe énergétique est encore et toujours : gaz + « renouvelable »

Rien de nouveau sous le soleil ? Si sur la Lune.

Dans le numéro de juillet 2019 : La ruée vers la Lune, pour Adam Mann, quel est « Le pétrole de l’espace » ?

Le thorium !

« … le thorium servira de combustible pour les réacteurs à fission. » Adam Mann considère cette source d'énergie comme une évidence !

 

Dans le même article apparaît une carte complète de la Lune où sont parfaitement localisés les gisements de thorium (les plus riches sont en blanc).

« qui pourrait alimenter des réacteurs nucléaires. »

 

 

 

Car sur la Lune comme sur Terre, quand le soleil se couche, ....

... les panneaux solaires s’éteignent !

 

Tandis que les centrales au thorium, c’est tout le temps, à l'ombre comme à la lumière.

Ce n’est évidement pas pour ramener du thorium sur Terre depuis la Lune puisque les réserves terrestres donneraient de l’énergie aux terriens pendant cinq millions d’années.

(Qui seront les terriens à cette époque ? certainement pas Homo sapiens qui aura disparu, mais c’est une autre histoire ...)

 

 

Les premières centrales au thorium seront-elles lunaires ?

 

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