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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

Retour à l’École de la Beauté

 

École.03 : Les boucles d’oreilles

- Bonjour Axiothée,

- Bonjour Professeur. Avez-vous passé de bonnes vacances ?

- Excellentes, merci Axiothée.

- Au soleil ?

- Bien entendu ! Je vois que tu n’as pas oublié de mettre des boucles d’oreilles comme je te l’avais demandé à la fin de notre dernière leçon. Ne tournes pas la tête, je les ai tout de suite vues. C’est quand on les voit toutes les deux, ensemble, que les boucles d’oreilles prennent toute leur puissance.

- Ah! Je ris de me voir si belle en ce miroir!

- … ?

- Les pendants d’oreilles ne sont-ils pas les premiers bijoux dont se pare la Marguerite de Faust ?

- C’est exact, Axiothée. Essayons de comprendre pourquoi Gounod a attribué aux boucles d’oreilles des vertus méphistophéliques, ou pourquoi ces boucles occupent une place particulière dans la Beauté.

- Est-ce parce qu’elles se portent aux oreilles ?

- Oui, en partie, et surtout parce que les oreilles sont de chaque côté du visage.

- Ce n’est pas vraiment une nouveauté, Professeur !

- Essaye de te rappeler comment tu as mis ces boucles.

- … ?

- Mime les gestes que tu as faits.

- J’ai mis une boucle puis l’autre.

- Exactement. Tu as mis une boucle à chaque oreille, et deux boucles identiques.

- Je comprends ce que vous voulez me faire découvrir, Professeur, deux boucles identiques de chaque côté du visage créent une symétrie, premier critère de votre Beauté … intrinsèque.

- C’est exactement cela, Axiothée. À défaut de méphistophélique, nous sommes en pleine biophysique. Quand je regarde ton visage de face, les deux boucles sont dans ma vision latérale, qui est la première vision utilisée pour évaluer un visage. Par une sorte d’illusion d’optique, les deux boucles identiques vont rehausser la symétrie de l’ensemble du visage.
À ton âge, les petites perles de tes boucles d’oreilles suffisent à ta beauté. Mais quand arrive le temps des rides, les femmes choisissent des boucles plus voyantes, plus longues. Les boucles deviennent des pendants d’oreilles.

- … ?

- Le miroir de Marguerite lui renvoie le visage d’une fille de roi ; mais, même en bois d’ébène, le miroir cesse d’être magique quand il renvoie l’image d’un visage ridé, il devient même maudit quand les rides deviennent asymétriques.

Plus elles sont voyantes, plus les boucles d’oreilles fixent le regard latéral et atténuent les asymétries du visage. Suffisamment longues et pendantes pour onduler au moindre mouvement de la tête, les boucles gagnent en pouvoir, puisque c’est aux mouvements que la vision latérale est particulière attentive. Encore de la biophysique, Axiothée.

- Comme par magie, les boucles d’oreilles savent allonger avec l’âge.

- Excellent résumé. Maintenant regarde ces photos. Vieillissante, George Sand a su adopter des longues boucles d’oreilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Je vois que Rachel Welch a su aussi suivre vos conseils, Professeur.

- Je n’ai pas eu l’heureux privilège de connaître Rachel Welch, ni ne t’en déplaise, George Sand, même si je suis beaucoup plus âgé que toi !

- … !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Ni Isidora, la belle Romaine ! C’est simplement leur intuition de femmes qui les a guidées, et ceci à travers les siècles.
Je vois que la photo de Lady Diana t’intéresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Que Lady Di était belle et souriante !

- Quand tu as ri en mimant Marguerite, à l’égale de la Princesse, l’éclat de tes dents a été rehaussé par l’orient des perles de tes boucles.

- Les perles avantagent donc celles dont le sourire dégage les dents.

 

 

 

 

 

 

- C’est un peu aussi le principe des parures. Le pendentif identique aux boucles renforce l’attraction visuelle vers les deux pendants d’oreilles.
« Brillante, avec plus d’éclat que de goût », la parure trouble le jugement de Saint Preux sur la maîtresse de maison, et les autres femmes à peu près du même âge, qui lui paraissent « jolies, quoique un peu passées ».

- Le Saint Preux de La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau ?

- Oui, Axiothée.

- Le même Rousseau qui fait dire à Julie « J’avoue que la politique n’est guère du ressort des femmes » ?

- Je crains que oui, Axiothée.

- Et bien, au revoir, Professeur ! Ah, si, permettez-moi un complément : selon Liz Taylor, pour une femme, la plus belle parure ce sont ses genoux derrière les oreilles.

- Ses genoux ?

- Oui, ses genoux, derrière les oreilles ! Ce serait trop long à vous expliquer, Professeur. Au revoir, Professeur.

 

Retour l'Ecole de la Beauté

vers : École.04 : Maquillage et Mise en beauté

 

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