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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

- Bonjour Professeur.

- Bonjour Axiothée.

- Vous avez été longtemps absent, Professeur.

- J’étais en Voyage … parmi l'archipel des odeurs corporelles.

- Avez-vous rapporté des informations sur les odeurs et la Beauté de la Jeunesse ? Car je crois me souvenir que c’était l’objet de la leçon d’aujourd’hui.

- En effet, Axiothée.

- Je vois encore des Îles parfumées dans vos yeux, Professeur.

- De bien étranges îles… Je vais te résumer la partie de mon Voyage qui va nous servir aujourd’hui : Homo sapiens possède certaines glandes justement là où croissent broussailles et buissons.

- Vous voulez dire sous les bras et autour du sexe !

- C’est bien cela Axiothée. Pour simplifier, les sécrétions de ces glandes sont transformées par les bactéries en différentes substances dont quelques unes sont à la fois volatiles et porteuses d’informations.

- Volatiles ! Voilà pourquoi nous avons ces odeurs sous les bras, et ailleurs !

- Un antiperspirant bloque l’activité des glandes.

- Pas de sécrétion, pas l’odeur ! Et les déodorants, Professeur ?

- Ils réduisent la flore, c'est-à-dire, la quantité et la nature des bactéries que nous hébergeons.

- Pas de flore, pas de transformation de ce qui sort des glandes, donc pas d’odeur !

- Ni d’odeur et ni broussailles ni buissons pour les diffuser, donc aucune d’information, Axiothée.

 

-         « Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

            Doux comme les hautbois, verts comme les prairies

            Et d'autres, corrompus, riches et triomphants. »

 

 

 

- Très belle citation de Baudelaire, Axiothée. Je t’accorde qu’il est légitime de soustraire de notre peau les parfums corrompus.

Exhaler des parfums frais devrait satisfaire à la Beauté de la Jeunesse, et pourquoi pas également des parfums riches et triomphants, mais c’est l’absence totale d’odeur qui est recherchée le plus souvent.

- … ?

- Le panache odorant qui s’échappe quand nous levons le bras envoie informe aussi bien sur notre ardeur que notre fatigue, notre satiété que notre faim, notre peur que notre bonheur et même ... notre aptitude à la reproduction.

- Toute notre personnalité en quelque sorte ! Mais, Professeur, je n’ai jamais senti rien de tel. Parfois une mauvaise odeur, c’est tout.

 

- Une mauvaise odeur est déjà un signal, souvent de fatigue, ou de recherche de domination, surtout de la part des hommes.

- Leur « triomphant » !

- N’exagère pas, Axiothée et peut-être manques-tu d’expérience. Marie-Ange Guillaume, dans L'odeur de l'homme, écrit avec beaucoup d’humour et une parfaite justesse que « globalement, l'homme qu'on aime sent bon. »

La perception des signaux olfactifs est « globalement » subliminale.

- Pour poursuivre la phrase de votre Marie-Ange : « s’il ne sentait pas bon, on ne l’aimerais pas ». J’y penserais lors de ma prochaine expérience !

- …

- …

 

- Pour revenir, Axiothée, à cette mode de l’absence totale d’odeur, elle m’inquiète.

- Que craignez-vous Professeur ?

- Les odeurs corporelles sont porteuses d’informations sur celui qui les émet.

Un déni d’odeurs est aussi un déni d’informations sur soi.

- Rapprocheriez-vous, Professeur, l’hyper utilisation de déodorants de l’hyper individualisme celui de L’ère du vide selon Gilles Lipovetsky.

- Beaucoup plus inquiétant, Axiothée ! Depuis que la reproduction sexuée existe, …

- Depuis 1,5 milliards d’années, vous me l’avez précisé à propos de la symétrie et de l'Esprit de la Beauté, dès la deuxième Leçon

- Tu as bien appris tes leçons, très bien Axiothée. Rappelle-toi aussi que la perception de la symétrie peut se faire par l’odorat.

- « Les femmes, apprécient davantage l’odeur des hommes symétriques, et ceci notamment pendant les périodes où elles sont les plus ... fécondes. », je me souviens de ces statistiques.

- Les signaux odorants orientent le choix vers l’un ou l’autre partenaire destiné à la reproduction et, pour l’espèce humaine et quelques autres, il faut ajouter que ce partenaire est également destiné à participer aux soins des enfants. Sans ces signaux Homo sapiens ne continueraient pas d’exister.

C’est en partant de cette évidence que j’ai entrepris mon Voyage parmi les terra incognita des odeurs corporelles et visiter les Îles du système immunitaire.

- J’irais consulter vos récits, Professeur, mais …

- Je voudrais ajouter deux remarques :

Primo : La fameuse baisse de la fécondité régulièrement observée depuis plusieurs années n’a-t-elle pas pour seule origine l’utilisation abusive de déodorants et autres antiperspirants ?

 

- Ne seriez-vous, Professeur, en train de vous perdre dans des exagérations ?

- Peut-être, Axiothée, peut être.

- Et quelle est votre seconde remarque ?

- Secundo : les odeurs expriment la personnalité de l’individu …

- … et diffusent par les broussailles et le joli buisson, pour reprendre votre poésie, Professeur.

- … ce qui lui donne une force olfactive, même si elle est subliminale. Obliger une femme à se défaire de tous ces poils, c’est lui retirer sa force. Ceux qui ont peur de la féminité obligent leurs épouses à s’épiler, complètement, et surtout les zones axiales et pubiennes, celles dont s’exhalent les plus puissants signaux féminins. Épilées ou rasées, elles perdent la diffusion de leurs odeurs et leur existence de femme. Rasées ou épilées, les malheureuses sont destinées à restées aussi irresponsables et dépendantes que des enfants. La servitude est aussi de maintenir un être dans la dépendance et l’irresponsabilité.

- Mais de qui parlez-vous avec tant de lyrisme, Professeur ? Quelles sont ces femmes ?

- Les Grecques.

- Les femmes Grecques de l’Antiquité ? Comme Lysistrata, moquée par Aristophane?

- Oui, Axiothée.

- Vous connaissant, je m’en doutais un peu Professeur ! À mon tour de m’interroger : éliminer volontairement ses poils, abuser des déodorants, etc. n’est-il pas aujourd’hui une étape vers la servitude volontaire ? Celle qui profite aux Princes qui nous gouvernent !

- Bien raisonné, Axiothée, ce qui était vrai dans l’Antiquité vis-à-vis des femmes, l’est maintenant pour l’ensemble de la population, femme et homme.

- Mais, Professeur, ces délicieux parfums que nous prenons plaisir à utiliser, voire à nous inonder, leur odeur est tout à fait consciente.

- Se mettre en parfum est tout aussi volontaire et conscient que de se mettre en beauté. Mais il faudra que nous ayons davantage avancé dans nos études de la Beauté pour en cerner la raison.

- Au revoir Professeur.

- Au revoir, Axiothée.

 

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