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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

Le titre exact de l’article de Christopher Wallen-Russell (Consultant chez Pavane Consultants Ltd., Berkshire, Royaume Uni) est :

The Role of Every-Day Cosmetics in Altering the Skin Microbiome: A Study Using Biodiversity

Publié dans la revue « Cosmetics » (dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce jour)

Mode opératoire

Les trois « gels-douches » testées sont :

- une formule atypique dont les surfactifs sont des saponines, le « JooMo 100% Natural Body Wash » et dénommée A1 : JooMo dans l’article

- Le Gel nettoyant fraîcheur de Nivéa ( ?), les surfactifs amphotères utilisés le classe parmi les « shampooings/gels-douches doux » classiques, il est dénommé A2 : Synthetic

- All Bright Cleansing Foam Wash  de Botanics ( ? ), qui a la particularité d’être basé sur des dérivés de methyl isethionate réputés pour être bien tolérés par la peau. Il est dénommé A3 : "Natural"

Le détail des formules et mes commentaires sont sous le paragraphe Appendix A

La région du corps testé est la partie située avant le creux de l’avant bras, choisi pour sa « sécheresse », par opposition au visage qualifié de « gras ».

 

Tous les volontaires sont de sexe féminin.

Le mode opératoire est classique (voir directement le § correspondant de l'article de Christopher Wallen-Russell )

Avec une utilisation de deux fois pas jour, ce protocole est bien celui d’un traitement pouvant entrer dans la catégorie « d’hygiène excessive ».

 

Le microbiote est analysé à trois reprises :

T1 : avant l'utilisation du produit

T2 : après 2 semaines d'utilisation du produit

T3 : après 4 semaines d'utilisation du produit.

 

Résultats

Même s’il est visible que l’objectif de l’article de Christopher Wallen-Russell était destiné à la gloire de JooMo et que les conclusions sont donc « à prendre avec des pincettes », le travail est bien mené et les résultats doivent être considérés avec intérêt.

Ne serait-ce que, comme le rappelle l’auteur lui-même, ce sont (presque) les premiers travaux publiés sur la modification de la diversité du microbiote après l’utilisation de produit de lavage de la peau,

diversité mise en cause par Marc-André Selosse (voir Chosmo epidermis. L’hygiène excessive accusée. )

Par ce « presque », je fais référence aux travaux de Noah Fierer, Rob Knight (voir Chosmo epidermis. Le savon disculpé )

 

Le traitement mathématique des données permet à l’auteur de distinguer diversité et richesse du microbiote analysé.

Diversité

 

(Chao1) pour les 3 « gels-douches)

 

Comparaison de l’évolution de la diversité pour les 3 « gels-douches »

(normé à 0 à T1 = avant des tests

à T2 (2 semaines) et

T3 (4 semaines)

Richesse en espèces

 

Comparaison de l’évolution de la richesse en espèces pour les 3 « gels-douches »

(normé à 0 à T1 = avant des tests)

à T2 (2 semaines) et

T3 (4 semaines)

 

 

Premières Conclusions
Augmentation de la diversité et de la richesse du microbiote

Avant toute comparaison entre les trois formules testées, il apparaît que toutes les trois provoquent …

une augmentation à la fois de la diversité et de la richesse du microbiote

… et non une diminution à la quelle on pouvait s’attendre pour une « hygiène excessive », l’utilisation deux fois par jour d’un « gel-douche »

Le gel-douche idéal ?

Si on regarde la différence entre les trois formules testées

Oui, JooMo est la formule qui fait croître le plus la diversité.

Mais la formule idéale ne serait-elle pas celle qui ne modifie en rien la diversité du microbiote ? c'est-à-dire un gel-douche dont  la courbe reste à 0.

Dans ce sens « Synthetic » et « Natural » sont mieux placés que JooMo !

 

 

Résultats pour de Chosmo epidermis pour les trois gels-douches

Si l’hygiène excessive par l’utilisation de gels-douches, selon l'accusation de Marc-André Selosse, provoquait une  baisse de la diversité du microbiote de Chosmo epidermis, les observations suivraient la courbe rouge.

 

 

 

… de même pour la richesse.

 

La puissance de la formulation.

 

Avant d’essayer d’interpréter ces observations inattendues, en anticipant les mesures de flux d’eau transépidermique (qui décroît pour les trois « gels-douches » entre T1 et T3 ! voir Chosmo epidermis 04. De quoi devenir fou ou montrer la puissance de la formulation)

 

D’après les listes des ingrédients (voir Appendix  ci-dessous)

…les « gels-douches » « Synthetic » et « Natural » sont très élaborés, dans le sens de la « douceur », mais aussi du « soin ».

Il n’est donc finalement pas très surprenant que ces produits moussants soient

… très « doux » vis-à-vis de Chosmo epidermis (l’ensemble flore microbienne et épiderme) …

… et même traitants si on considère que lavage après lavage, ils « améliorent » la diversité et de la richesse du microbiote (et aussi le flux de perte insensible d’eau, donc la structuration des kératines.

 

Non seulement, les « lavages excessifs » (deux fois par jour pendant quatre semaines) avec des « gels-douches » très élaborés n’endommagent aucunement notre Chosmo epidermis

… mais ils se comportent comme des produits de soin de la peau !

 

Appendix A

Composition des trois formulations de gels-douches utilisées par Christopher Wallen-Russell, listées selon la nomenclature internationale (INCI)...  et mes commentaires.

Elles sont désignées dans l’article par

A1 : JooMo

A2 : Synthetic

A3 : "Natural"

A.1 : JooMo

Aqua, Saccharum Officinarum (Unrefined Sugar) Extract, Maris Sal (Organic Sea Salt), Saponins, Mel (Unprocessed Raw Honey), Citrus Aurantium Dulcis (Orange) Juice, Cyamopsis Tetragonoloba (Guar) Gum, Acacia Senegal Gum Extract, Citrus Aurantium Dulcis (Orange) Peel Oil, Eugenia Caryophyllus (Clove) Leaf Oil, Cinnamomum Zeylanicum (Cinnamon) Leaf Oil, Cinnamomum Cassia (Chinese Cinnamon) Leaf Oil.

Commentaires sur le JooMo
Surfactifs

Les surfactifs utilisés dans JooMo sont des Saponines

(il n’est pas indiqué de quelles plantes elles sont extraites, vraisemblablement du bois de Panama : Quillaja saponaria Molina).

Or, contrairement à ce qui est indiqué sur Wikipédia, les Saponines, même si elles moussent un peu, ont surtout des propriétés mouillantes.

L’utilisation de mouillants est justement ce que j’avais imaginé pour des gels-douches non perturbants (voir Créer de nouveaux gels-douches ? ), l’analyse des résultats donnés par Christopher Wallen-Russell montrent que j’avais tort.

        Quand au pouvoir « détergent »des saponines indiqué, également dans Wikipédia, il est incomplet puisque le mouillage se limite à la première phase de la détergence, mais les saponines sont incapables d’assurer complètement la deuxième phase : émulsionner une « saleté » grasse comme par exemple le sébum.

Mais Christopher Wallen-Russell :

- a justement choisi l’avant bras comme partie du corps à tester, c'est-à-dire une peau « sèche », c'est-à-dire non grasse, c'est-à-dire très peu active en production de sébum.

- la peau de l'avant-bras n’a certainement pas eu le temps de se re graisser entre deux lavages par jour.

 

Derrière ce « JooMo », Christopher Wallen-Russell a masqué le « JooMo 100% Natural Body Wash ».

 

… créé par une jeune équipe d’entrepreneurs britanniques.

… en s’appuyant sur des travaux sur le microbiote réalisés dans plusieurs universités

Viscosité

Celle du JooMo semble conférée uniquement par les gommes :

Cyamopsis Tetragonoloba (Guar) Gum,

Acacia Senegal Gum Extract…

… ce qui ajouté à la grande quantité de Saccharum Officinarum (Unrefined Sugar) Extract, doit donner une formulation collante, voire poisseuse.

Comment le JooMo est-il accepté par le Consommateur ?

Voir : Shampooing 05. Viscosité et la puissance de la formulation.

Irritation et amertume de JooMo

Allons plus loin sur la présence de grande proportion d'ingrédients sucrés (saccharose et miel).

Même s’ils ne sont pas très irritantes pour la peau, les saponines sont très irritantes pour les yeux, or l’irritation oculaire doit être évitée pour les moussants destinés aux enfants (le test le plus pertinent de présence de saponines était (est ?) l’hémolyse de globules rouges !)

 

Par ailleurs les saponines sont très amères.

Cette amertume renvoie aux travaux d’Ute Wölfle analysés dans mon article L’amertume dans la peau

Les récepteurs à l’amertume se trouvent dans tout l’organisme; où ils pourraient faire partie d’un système immunitaire inné, parallèle au système connu, mais potentiellement plus rapide à réagir.

Or, l’effet des récepteurs à l’amertume est modulé par le récepteur au sucré, que le sucre soit « habituel » ou un édulcorant ; non seulement sur la langue, mais partout où les récepteurs à l’amertume et au sucré sont à la fois présents.

C'est-à-dire également dans la peau

 

L’équipe de JooMo a-t-elle utilisé les travaux d’Ute Wölfle et/ou mes articles ?

Difficile à dire, mais des ingrédients agissant sur les "récepteurs au sucré" sont présents en très grande proportion dans la formule : Saccharum Officinarum (Unrefined Sugar) Extract, et Mel (Unprocessed Raw Honey).

Ils devraient compenser l’effet de l’amertume des saponines sur les récepteurs à l’amertume de la peau et neutraliser une éventuelle réaction immunitaire, et la production de funestes Radicaux libres (voir mon article : ROS).

Voir aussi à ce propos une hypothèse concernant le rôle de la cellule de Langerhans

Îlot 95.01. La cellule de Langerhans

.

A.2 : Synthetic

Aqua, Cocamidopropyl Betaine, Sodium Myreth Sulfate, Sodium Acrylates Copolymer, Glycerin, Glyceryl Glucoside, Tocopheryl Acetate, Nelumbium Speciosum Flower Extract, Panthenol, Propylene Glycol, Lauryl Glucoside, PEG-40 Hydrogenated Castor Oil, PEG-200 Hydrogenated Glyceryl Palmate, Polyquaternium-10, Benzophenone-4, Sodium Chloride, Phenoxyethanol, Methylparaben, Ethylparaben, Butylphenyl Methylpropional, Geraniol, Hydroxyisohexyl 3-Cyclohexene Carboxaldehyde, Benzyl Alcohol, Limonene, Linalool, Cinnamyl, Alcohol, Parfum, CI 42090, CI 16035.

Commentaires sur A.2

 

Avec le Cocamidopropyl Betaine en tête de liste, cette formulation pourrait entrer dans la catégorie des « shampooings/gels-douches doux » classiques mais de bonne facture.

 

Le Sodium Myreth Sulfate remplace le Sodium Laureth sulfate comme générateur de mousse (la chaîne myristique est un peu plus longue, de 2 carbones, que la laurique). Le Cocamidopropyl Betaine est aussi un exalteur de mousse, propriété recherchée car la mousse produite rapidement est une qualité appréciée par le consommateur

 

Le Sodium Chloride permet d’atteindre la viscosité souhaitée. La Glycerin permet de la diminuer, le Propylene Glycol également, mais son origine est sans doute à rechercher comme solvant de Nelumbium Speciosum Flower Extract et peut-être d’autres « actifs » comme le Tocopheryl Acetate et le Panthenol.

 

Le Sodium Acrylates Copolymer pourrait être le principal viscosant. Outre le couple Sodium Myreth Sulfate/Sodium Chloride, d’autres ingrédients doivent participer à donner la viscosité souhaitée, comme le PEG-200 Hydrogenated Glyceryl Palmate (pour le Palmate, voir  composition du savon Ivory) . Ce dernier, ainsi que le Sodium Acrylates Copolymer jouent ainsi un rôle dans la « douceur » de la formulation, voir § suivant)

 

Le Polyquaternium-10 (derrière ce nom ésotérique se cache une cellulose quaternarisée) est un conditionneur très classique

(les « conditionneurs » sont plutôt utilisés dans la formulation des shampooings. Restant sur la peau après le rinçage ils confèrent à celle-ci une douceur au toucher, ils sont considérés comme des « adoucissants ».

Le PEG-40 Hydrogenated Castor Oil pourrait être dans la même catégorie, en évitant une délipidation excessive (et une hygiène excessive ?).

 

Le Phenoxyethanol est un conservateur, et apporte en plus une senteur de rose.

 

Le Panthenol (ou provitamine B5, celle-ci étant la forme acide) est réputé, au moins dans les pays Anglo-Saxons,  pour apporter souplesse et brillance aux … cheveux.

 

Le pH est important car s’il est inférieur au pHi du Cocamidopropyl Betaine, ce dernier se comporte comme un cationique et va jouer un rôle de conditionneur et rendre A2 plus « doux ».

 

 

Le nom de A.2 n’est pas donné par l'auteur, mais il pourrait bien s’agir d’une formulation de chez Nivea.  (Gel nettoyant fraîcheur ?)

A.3 : « Natural »

Aqua (Water), Sodium lauroyl methyl isethionate, Cocamidopropyl betaine, Lauric acid, Sodium chloride, Sodium methyl isethionate, Glycerin, Tetrasodium EDTA, Stearyl citrate, Lauryl glucoside, Zinc laurate, Parfum (Fragrance), Hibiscus sabdariffa flower extract, Dipropylene glycol, Citric acid, Magnesium nitrate, Benzoic acid, Phenoxyethanol, Methylchloroisothiazolinone, Magnesium chloride, Methylisothiazolinone, Dehydroacetic acid, Ethylhexylglycerin.

Commentaires sur A.3 « Natural »

Le Sodium lauroyl methyl isethionate et le Sodium methyl isethionate, ainsi que le Lauryl glucoside (et le Zinc laurate ?) sont des surfactifs considérés comme bien tolérés par la peau et les muqueuses, de même que les autres surfactifs de cette classe, comme par exemple les Acyl taurates (ou Acyl taurides).

Les Sodium lauroyl methyl isethionate, le Cocamidopropyl betaine (ce dernier présent également dans la formule « synthétique » A2 !), ainsi que le Sodium methyl isethionate Lauryl glucoside font entrer A3 dans la catégorie des « shampooings/gels-douches doux ». Peut-être est-ce la douceur qui fait de A3 un produit « Natural »

(Remarque : les Acyl taurates et les Acyl isethionates ont été reconnus comme inhibiteurs de la prolifération cellulaire anormale. Les taurates et isethionates pourraient inhiber la génération de nitric oxide et des anions superoxydes par les macrophages (voir les radicaux libres http://www.beaubiophilo.com/2017/08/ros.html). Ils pourraient aussi  piéger en réagissant avec les formes intermédiaires de la chaîne de glycation, notamment les groupes carbonyls.

Le Sodium lauroyl methyl isethionate et le Sodium methyl isethionate sont-ils hydrolysés pour fournir de l’isothionate ? Des estérases du Chosmo epidermis en sont certainement capables, qu’elles soient microbiennes ou cutanées, le niveau cutané est possible car les Acyl isethionate sont jugés comme pénétrant profondément dans le stratum corneum. À condition qu’ils restent sur la peau après rinçage, et justement, le Sodium lauroyl methyl isethionate et le Sodium methyl isethionate agissent aussi comme conditionneurs HHH et restent, au moins en partie, sur la peau.)

 

Présenté comme « Natural » ce produit moussant n’est effectivement pas surnaturel, mais pas plus naturel que le A2 ! Par contre,peut-etre est-il moins « agressif » de la peau, confére-t-il plus de « douceur »?
Le
Sodium lauroyl methyl isethionate en tête de liste des ingrédients est relativement rare, il est généralement considéré comme « surfactif secondaire » par rapport aux surfactifs producteurs de mousse. Mais il est difficile de penser que ce rang classe ce produit parmi les cosmétiques « Natural » 

 

      Lauric acid et Stearyl citrate (?) pourraient opacifier la formulation, lui donner un aspect « crème »  

 

Citric acid (et Dehydroacetic acid ?) permet de placer le pH (voir A2 et § conditionneurs HHH) de la formulation en dessous du pHi du Cocamidopropyl betaine et de rendre ainsi celui-ci cationique et plus « conditionneur » c'est-à-dire conférer de la « douceur » à A3. L’acide citrique est aussi un complexant d’ions (voir ci-dessous : Tetrasodium EDTA)

 

Magnesium nitrate et Magnesium chloride ? Le magnésium est réputé comme évitant la perte des cheveux et favorable leur repousse. Que viennent-ils faire dans un produit utilisé sur la peau, au creux du bras ?

Il en est de même pour le Zinc laurate ! Le zinc étant réputé avoir un effet positif sur les « cheveux gras » et « pelliculaires ».

Par ailleurs, Tetrasodium EDTA est un puissant complexant d’ion calcium et ions de métaux. Il entre dans la catégorie des conservateurs, car sans ion magnésium, etc., les microbes ne peuvent pas se développer.

Avoir joint le Tetrasodium EDTA avec des sels de magnésium serait-il une erreur de formulation, ou serait-ce  l’aimable pression du marketing qui voulait placer le Magnésium dans ses revendications ?

 

Le nom de A3 n’est pas donné par les auteurs, mais il pourrait s’agir de All Bright Cleansing Foam Wash :

“This gently foaming formula clarifies as it cleanses for bright, even-toned and smooth skin.”

… proposé par Botanics

Vers

Des questions pour les cosmétologues

 

L’essentiel :

L’accusation de l’INSERM est claire : l’hygiène excessive serait responsable de la dermatite atopique.

Marc-André Selosse va plus loin en accusant la « douche savonnée » de diminuer la diversité du microbiote de Chosmo epidermis..

Quelle pourrait être la réponse des Cosmétologues ?

Deux pistes se présentent immédiatement :

- créer de nouveaux gels-douches qui préservent Chosmo epidermis.

- vérifier si les gels-douches actuels diminuent la diversité microbienne

Deux publications répondent déjà à cette demande de vérification :

      Celle de Noah Fierer et al. montre qu’un lavage au savon ne modifie pas sensiblement le spectre du microbiote (de la paume de la main) et que celui-ci revient rapidement à son état initial (récurrence).

Les observations précises et complètes de Christopher Wallen-Russell sur l’effet de trois « gels-douches », deux « classiques » et un utilisant la saponine comme surfactif, vont beaucoup plus loin et dans un sens tout à fait surprenant :

Conclusion  : Non seulement l’utilisation des trois « gels-douches » ne diminue ni la diversité ni la richesse du microbiote (de l’avant-bras) mais les augmente.

Les accusations contre le savon et le gel-douche levées, il faut donc chercher ailleurs les causes des allergies, de la dermatite atopique et autres défauts apportés par l’environnement au système immunitaire, par exemple le manque d’ensoleillement, des lieux de vie mal aérés et trop humides.

 

Ces, aussi inattendus qu’excellents, résultats montrent-ils la puissance de la formulation ?

Vers

L’essentiel :

Les tentatives de corrélations entre
…les mesures de flux d’eau transépidermique (TEWL) et d’humidité de la peau (Moisture)

… et les observations d’augmentation à la fois de la diversité et de la richesse du microbiote de Chosmo epidermis

… sont confondantes par leurs absences de concordances.

Si elle était irritante, une « hygiène excessive » comme l’utilisation de « gels-douches » pendant 4 semaines 2 fois par jour, devrait provoquer une augmentation de la TEWL. Or sauf dans un cas, c’est le contraire qui est observé par Christopher Wallen-Russell.

Faut-il y voir la grande qualité des « gels-douches » testés, la puissance actuelle dans l’art de formuler la Cosmétique moussante ? Certainement.

L’humidité de la peau (Moisture) décroît, mais à la lumière de mes études ultérieures sur l’effet structurant des crèmes « hydratantes », je vois dans cette décroissance un effet positif, qui confirme des propriétés « traitantes » apportées par les formulations modernes.

Chosmo epidermis est un tout. Le microbiote et l’épiderme sont intimement liés. Si les observations de Christopher Wallen-Russell sont déconcertantes (pour ne pas dire « folles »), n’est-ce pas pour nous rappeler la prédominance des propriétés immunologiques de Chosmo epidermis ?

 

Des ingrédients, autres que moussants, sont présents dans les formulations testées. Aucun ne semble modifier le microbiote. Même pas les conservateurs, y compris les « huiles essentielles ».

Vers 

L’essentiel :

La cellule de Langerhans négocierait-elle la permanence et la rémanence du microbiote de nos Chosmo epidermis ?

De par sa parenté avec les lymphocytes, elle détient toutes les informations sur notre système immunitaire.

La cellule de Langerhans est placée au cœur de l’épiderme. De là, par des dendrites et des cadhérines, elle peut échanger des informations avec plusieurs dizaines de kératinocytes situées dans toutes les couches de l’épiderme pouvant être régulées.

 

Pouvant capter des antigènes, la cellule de Langerhans possède les récepteurs lui permettant de recueillir des informations venant du microbiote

(qui pourraient être portées, au moins en partie, par les mêmes molécules que celles qui activent les récepteurs à l’amertume des kératinocytes)

 

Usant la voie des cadhérines, la cellule de Langerhans pourrait directement activer, ou désactiver, les récepteurs à l’amertume. Ceux-ci produisent des défensives et/ou des radicaux libres, limitant la croissance de microorganismes du microbiote.

En fin diplomate, elle pourrait aussi agir indirectement

- en laissant s’infiltrer des molécules qui activent les récepteurs à l’amertume des kératinocytes (par exemple : des acyl-homosérine lactones)

- en favorisant certaines bactéries, celles-ci devenant des gardes frontières supplétifs, qui produiraient des bactériocines.

- en activant les récepteurs au sucré, eux-mêmes inhibiteurs des récepteurs à l’amertume.

 

La fine diplomatie pourrait également apparaître dans la « régulation » de la perte insensible en eau (TEWL), qui modifierait l’activité de l’eau dans l’épiderme, favorisant (ou défavorisant) la croissance de tel ou tel microorganisme (par exemple les Lactobacillus). Cette action provoquerait une modification collatérale de la kératinisation.

 

La rémanence implique que la cellule de Langerhans puisse avoir une « mémoire », semblable à l’immunité acquise : la mémoire de notre peau.

 

La diversité et de la quantité de microorganismes dans le microbiote permet une meilleure protection de Chosmo epidermis. La cellule de Langerhans peut l’obtenir en recrutant des gardes frontières supplétifs plus divers et en plus grand nombre.

C’est probablement le résultat du « lavage excessif » observé par l’utilisation de « gels-douches » de « haute formulation ».

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