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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

Depuis que nous avions commencé ce voyage, nous espérions, plus ou moins confusément, aborder sur une Île où les microorganismes seraient tenus en laisse par le système immunitaire classique, celui que nous connaissions.

    S'il est vrai que si nous connaissions ce système, nous ne l’avions pas encore rencontré dans ce voyage, il nous fallut (re)visiter les îles le concernant.

Île.90 : Odeur et marqueur immunitaire

 

    En utilisant des « T-shirt odorants », (voir ce § dans La peau et ses odeurs)

Suma Jacob a montré que l’odeur corporelle donne des informations (évidemment subliminales) sur le marqueur immunitaire (plus précisément le HLA, lien vers Île.93 , 94 et 96 ) de la personne qui émet ces odeurs. Au moins en ce qui concerne les femelles d’Homo sapiens respirant l’odeur d’un mâle. La réciproque ne semblant pas significative.

Quant à l’odeur des femelles, elle ne semble pas émouvoir les mâles, par contre les autres femelles, oui ! (Lien vers l’île.92)

Île.91 : Choix d’un partenaire

Quelques autres rappels de l’article : Identité immunitaire et odeur (voir aussi l’île.93)

      Le choix des femmes qui ont accepté de respirer l’odeur de T-shirts masculins est très subtil, puisque si l’élu olfactif a un HLA proche de celui ce leur père, il doit aussi en être un suffisamment éloigné.

Une autre étude montre que la proximité immunitaire est (statistiquement) fonction du cycle de la dame. Plus elle est proche de sa période féconde plus la dame considère comme plaisante l'odeur d’un monsieur ayant un HLA le plus différent du sien. Plus elle en est éloignée, plus son choix se porte sur un HLA proche du sien (de celui de son père ?)

L’utilisation d’une contraception orale fausse le choix des femmes puisque celui-ci se porte seulement vers un HLA proche du leur.

Un Îlien.91, en manière de plaisanterie, nous fit remarquer qu’une femme en recherche du « fiancé idéal » devrait donc cesser de prendre la Pilule !

 

 

Comme chez Homo sapiens, il n’est pas suffisant que la femelle soit fécondée, mais qu’il faut aussi apporter des soins à l’enfant, et pendant longtemps, le choix d’un partenaire est ambivalent :

Le HLA différent permet à l’enfant de bénéficier d'une meilleure « qualité » génétique ; et le choix d’un HLA proche de celui du père s’interprète comme une demande de sécurité pour tous les soins que le couple aura à donner au futur bébé.

 

Île.92: Les femmes entre elles.

   

     Et les femelles d’Homo sapiens ?

Les T-shirt de femmes respirés par des hommes ne donnent aucune préférence vis-à-vis du HLA de leur mère.

Par contre, respirés par d’autres femmes, …

Kelly Gildersleevea et ses collègues de l’Université Chapman (Californie) ont montré que les femmes apprécient davantage l’odeur, des T-shirts, de celles qui sont dans leur période féconde. L’odeur la moins appréciée est celle des femmes qui utilisent un contraceptif hormonal.

Remarque : Ce que font les femelles d’Homo sapiens de l’information sur la bonne/mauvaise odeur des autres femelles sera l’occasion d’un autre voyage ou d’une Leçon de l’École de la Beauté.

 
 
 
Île.93 : Système immunitaire

    Dans toutes les Îles dont le numéro finissait par 7, nous avions rencontré de très nombreux polymorphismes et variabilités, mais aucun ne semblait lié, au moins directement, au système immunitaire

Pourtant c’est bien sur un marqueur immunitaire, le système HLA, que Suma Jacob a montré que l’odeur corporelle donne des informations (lien vers l'Île.90).

   Nous partîmes donc vers l’île.94 pour des rappels sur le système immunitaire.

Île.94 : HLA. Système immunitaire

     L’organisme doit savoir distinguer ses propres cellules des cellules étrangères, c'est à dire distinguer le Soi du Non-soi.

Cette distinction se fait par quelques marqueurs qui sont à la surface des cellules.

Ces marqueurs sont appelés des antigènes.

- Si ces antigènes sont inconnus, ils sont considérés comme potentiellement dangereux, le mécanisme du système immunitaire se déclenche pour éliminer ce qui correspond à ces marqueurs, par exemple : des bactéries. Ce sont les leucocytes (globules blancs) qui sont principalement chargés de cette tâche.  

- Si ces antigènes sont ceux du Soi, tout va bien.

      Les cellules du Soi, doivent donc avoir des marqueurs/antigènes qui indiquent aux leucocytes qu’ils sont du même Soi qu’eux, ou au moins compatibles avec le Soi. En simplifiant, ce marqueur, la Carte d’Identité du Soi, est l’HLA, l’ human leukocyte antigen, ou en français : « complexe majeur d'histocompatibilité ».

    Chaque individu a sa propre Carte d’Identité, son propre HLA, sinon ce ne serait pas une preuve de sa propre identité !

Les antigènes inconnus peuvent être non seulement celui des bactéries, etc. mais aussi ceux d’un autre humain (ce qui pose le problème du rejet des greffes, celui des « frontières » (lien avec Île.95) et celui de la reproduction sexuée (lien vers l’Île.96).

      Chimiquement, mais il est préférable de dire physiquement, le HLA est une protéine lipopolysaccharidique.

      Chimiquement, mais il est préférable de dire physiquement, le HLA est une protéine lipopolysaccharidique.

  À titre de comparaison, l’antigène peut être une clé dont les encoches et tétons seraient cent fois plus nombreux que ceux des meilleures clés de haute sécurité.

(voir figure)I_94

   Mais aussi, ce qui ne simplifie pas le langage et la lecture des articles, pour les généticiens, le HLA est le groupe de gènes, situé sur le bras court du chromosome 6, à partir desquels la protéine est exprimée et devient un marqueur après le greffage (lipo)polysaccharidique

 

       La plupart des marqueurs/antigènes du Non-soi sont également des lipopolysaccharides, et sont des substances reconnues par les Récepteurs à l’amertume (Lien avec Île 52)

 

Île.95 : Gardes frontières supplétifs.

   La puissance de frappe exercée par le système immunitaire est modulée en fonction des lieux et des circonstances.

     Dans les régions de frontières, comme l’intestin, et la peau, le système immunitaire reconnaît des antigènes du Non-Soi, mais baisse la garde et tolère des étrangers, s’ils ne sont pas trop envahissants !

Cet équilibre harmonieux de Chosmo epidermis est la conséquence d’un « arrangement » négocié entre le Soi et le Non-soi.

À la suite de cet arrangement, c’est l'ensemble de Chosmo epidermis, et plus seulement l’épiderme, qui devient le gardien de la frontière entre Chosmo sapiens et l’extérieur.

 

Les microbes du microbiote cutanée deviennent des « gardes-frontières supplétifs » situés en avant-garde de la défense du Soi.

 

Ne faut-il pas des officiers pour commander des supplétifs?

Qui pouvaient-ils être ? 

Pour répondre à notre curiosité, les Îliens nous orientèrent vers un îlot voisin, bien que discret celui-ci se révéla de la plus grande importance pour Chosmo epidermis.

Îlot 95.01. Les cellules de Langerhans

 

Nous y découvrîmes les cellules de Langerhans, du nom du premier découvreur de cet Îlot : Paul Langerhans

 

Situées préférentiellement entre le stratum spinosum et le stratum granulosum,

(pour mémoire, comme le montre le schéma, les mélanocytes, cellules également dendritiques sont incluses dans la couche basale)

… telle Shiva, les cellules de Langerhans émettent des dendrites

(continuation d’elles-mêmes sous forme de ramifications filamenteuses) vers les strates inférieures et supérieures, jusqu’à l’extrême limite du monde corporel, là où commence le microbiote.

Les points de contact entre les Cellules de Langerhans et les kératinocytes  sont matérialisés par « deux molécules de E-cadhérine (protéine d’adhésion extra-membranaires )

« Elles [les cellules de Langerhans] constituent 2 à 4 % de la population cellulaire épidermique ».

Ces cellules, proche parentes des lymphocytes, « sont des cellules présentatrices d’antigènes capables d’orienter la réponse immune  

soit dans le sens d’une réponse inflammatoire [lien vers l’île.94],

soit dans le sens d’une tolérance active ».

La cellule de Langerhans par Michel Démarchez      

 

Diplomatie ?

Cette double capacité d’orientation : lâcher les chiens (les lymphocytes T et l’inflammation) ou une tolérance, n’est-ce pas là pure diplomatie ?

Les cellules de Langerhans seraient-elles les Ministres Plénipotentiaires ou même les Ambassadeurs.

représentant notre Soi, et détentrice de toutes les informations sur notre système immunitaire, y compris le HLA (HLA : human leukocyte antigen, lien vers l’île 94

et aussi l'Île 96 pour le polymorphisme) Négociatrices et conciliatrices ?

(dans la hiérarchie diplomatique française, l’Ambassadeur se situe au sommet, suivi par le Ministre Plénipotentiaire)

Présentent depuis la naissance, elles sculpteraient à la fois notre microbiote et notre épiderme c'est-à-dire l’ensemble du Chosmo epidermis.

Ceci discrètement, presque dans l’ombre.

En cas d’attaque violente contre l’épiderme, par exemple une trop forte exposition aux rayons UV, elles se replient à l’arrière (elles disparaissent de l’observation au microscope) – et laissent le soin aux mélanocytes d'inervenir.
Chacun sa spécialité.
(voir La Beauté au soleil)

Si ces attaques relèvent d’une atteinte du système immunitaire, les cellules de Langerhans retrouvent leurs fonctions de  « présentatrices d’antigènes qui sont capables de capter des antigènes cutanés, de les apprêter et de les transporter de la peau jusqu’aux ganglions lymphatiques régionaux puis de les présenter aux lymphocytes T. »

Pour effectuer ce voyage, elles doivent « traverser la jonction dermo-épidermique, entrer dans le derme superficiel et pénétrer dans les vaisseaux lymphatiques. » L’Ambassadeur devindrait lui-même un messager.

Tant que l’état de Chosmo epidermis est stationnaire ((lien vers l’île.85) les cellules de Langerhans surveillent « seulement » la frontière de leurs bras multiples.

 

« tolérance active »

Michel Démarchez utilise le qualificatif de « active » pour la « tolérance active ».

La suite de notre exploration nous montra que nous pouvions totalement souscrire à ce qualificatif.

Nous nous interrogeâmes. En quoi cette tolérance pouvait-elle être active ?

Quels moyens disposent un diplomate pour être actif ? pour réagir à la moindre modification de Chosmo epidermis.

 

Serait-ce en utilisant la politique classique de la carotte et du bâton ?

Côté carotte, …

…  notre Ambassadeur pourrait faire envoyer de l’eau (lien vers Île 06 et l’île 98),

différents nutriments (NMF ? et lien vers l’île 08 )

des peptides (lien vers Île.04).

… etc.  

Côté bâton, ...,
sonne-t-il le clairon appelant une activation des récepteurs à l’amertume 
présents à la surface des kératinocytes  ?

 (Lien vers Île.51 et Amertume dans la peau).

 

 

Les récepteurs à l’amertume qui disposent de deux armes différentes : le poison et le canon

 

 

Côté poison : l’activation des récepteurs à l’amertume provoque la production de peptides antimicrobiens : les défensives (voir Île 71 et suivantes)


 

Finesse diplomatique, certaines défensines interagissent directement sur le système immunitaire « profond », pour le … modérer, plus précisément pour limiter une éventuelle inflammation.
Ces défensines ont leurs propres entrées : les Toll-like receptors (TLRs spécialisés dans la reconnaissance de marqueurs du Non-soi du système immunitaire inné ,
lien vers Île.93)

 

 

Le poison n’est pas l’apanage des kératinocytes, il peut aussi être une arme des gardes frontières supplétifs, en effet, certaines Bactériocines, etc. d’origines microbiennes assurent, à leur manière, une modération entre les différentes espèces du microbiote ;
Leurs productions sont-elles orientées en sous-main par notre Ambassadeur, la diplomatie connaît de multiples exemples semblables depuis la Guerre des Gaules jusqu’à la conquête du Mexique, et bien d’autres depuis.

 

 

« Les ennemis de nos adversaires sont plus qu’à moitié nos amis »

Beaumarchais. Comité de la correspondance secrète.

 

Coté canon, ou plutôt grenade défensive : l’activation des récepteurs à l’amertume provoque la libération de monoxyde d’azote (un ROS destructeur de bactéries, mais également un puissant messager ! lien vers Île 61)

 

Modes d’action de la cellule de Langerhans ?

Mais comment ? Comment un simple Ministre Plénipotentiaire, même un Ambassadeur, peut-il déclencher le poison ou le canon ? Comment sa tolérance peut-elle devenir « active » ?

D’une façon que n’aurait point dédaigné Talleyrand, notre diplomate pourrait laisser s’infiltrer par la frontière des acyl-homosérine lactones (AHL, présentes dans des biofilms bactériens

voir Amertume dans la peau  ?

… qui stimulerait le récepteur à l’amertume TAS2R38, 

… ou encore des constituants des parois des bactéries Gram+ comme l’acide lipotéichoïque ou des lipopolysaccharides, respectivement stimulants des récepteurs TLR2 et TLR4.

Ou d’autres encore, le choix est grand, 25 récepteurs à l’amertume sont actuellement connus

(voir Île.52 : Substances amères produites par les bactéries)

La cellule de Langerhans a un contact direct avec les kératinocytes de son voisinage par l’intermédiaire des molécules de cadhérines.

Ce contact lui permet-elle d’activer(ou de désactiver) directement des récepteurs à l’amertume ?

 

Un peu de sucre ?

La diplomatie c’est aussi avoir dans ses manches une ressource de modération de ses ... propres forces.

Comment calmer les récepteurs à l’amertume dans leur frénésie d’utiliser le poison et/ou le canon ? Simplement avec l’activation des récepteurs au sucré,  comme ceux de la langue inhibent l'amertume d'un sirop !

Les cellules de Langerhans ont-elles cette possibilité ? Peut être, il leur suffirait de laisser filtrer un peu de glucose depuis la couche basale de l’épiderme.  

… ou encore, directement via les cadherines, activer des récepteurs au sucré (le couple T1R2/T1R3)  

    Il fallut nous rendre à l’évidence, nous n’avions pas trouvé d’officiers commandant les « gardes frontières supplétifs » mais d’habiles diplomates parvenant à la fois

… à orienter les actions du microbiote dans un sens ou dans l’autre.

… et de manier les récepteurs à l’amertume et, peut être, les récepteurs au sucré.

 

 

Position frontalière

Mais les cellules de Langerhans jouaient-elles vraiment ce rôle d’Ambassadeur ?

Nous nous souvînmes alors de l’article de Robert Lee et Noam Cohen de l’université de Pennsylvanie (États-Unis). Le titre : « L’amertume, sentinelle du système immunitaire »

Les deux auteurs estimaient que les récepteurs à l’amertume « font partie d’un système immunitaire inné différent de celui que l’on connaissait ». Ce système n’est pas « fondé sur l’action d’anticorps et de cellules circulant dans l’organisme », mais agit localement, et rapidement, au niveau des frontières.

Frontières ! C’est justement là que sont justement placées les cellules de Langerhans (leurs équivalents existent dans l’intestin). Un lien subtil et diplomatique existerait entre ces Ambassadeurs et les récepteurs à l’amertume.

Frontières !

C’est justement là que sont justement placées les cellules de Langerhans (leurs équivalentes existent dans l’intestin). Un lien subtil et diplomatique existerait entre ces Ambassadeurs et les récepteurs à l’amertume.

Amélioration du microbiote par une augmentation de sa diversité et de sa richesse.

L’activation des récepteurs à l’amertume agirait donc sans réveiller les lymphocytes T, et pourrait parfaitement modérer les écarts que pourrait subir Chosmo epidermis.

Par exemple après un lavage de la peau au savon ou par un gel douche.

(voir Chosmo epidermis. L’hygiène excessive accusée

 

Nos conclusions furent les suivantes :

1° les Cellules de Langerhans sont bien les Ambassadeurs de l’épiderme dans les relations entre celui-ci et le microbiote cutané

2° Les microbes recrutés, comme « gardes-frontières supplétifs » sont d’autant plus efficaces si leurs espèces sont d'une plus grande diversité et en plus grand nombre (quantité/richesse)

Voir Chosmo epidermis. Le gel douche disculpé

 

L’hygiène excessive serait bien une agression subie par l’épiderme, mais par l’habilité des Ambassadeurs/cellules de Langhans elle provoquerait une augmentation des systèmes de défense de Chosmo epidermis.

Mieux défendu, le Chosmo epidermis pourra mieux répondre à des agressions ultérieures

 

Il est remarquable que JooMo provoque une diversification plus importante que les gels-douches,

de même qu’une augmentation plus importante de la « richesse »

Nous fûmes devant une évidence, avec ses saponines, JooMo est plus agressif que les gels-douches fruits de l’art accompli des Formulateurs (Synthetic et Natural)

 

Île.96 : Reproduction sexuée

   

Pour que la reproduction sexuée existe, il faut que l’ovule accepte que le spermatozoïde le pénètre ! Il s’avère que l’ovule choisit, non pas le premier arrivé, mais celui qui a un HLA le plus complémentaire du sien. Pénétrer l’ovule n’est pas la récompense d’une course de vitesse entre spermatozoïdes, mais une affaire de séduction.

L’analogie (lien vers l’île.90) avec la préférence de la femelle de Chrono sapiens pour un certain mâle est remarquable. Changement d’échelle, et nous avons toujours la même recherche d’une amélioration génétique de l’Espèce.

Île.97 : Polymorphisme du HLA

    Le polymorphisme génétique du HLA est le plus évident puisqu’il permet à chaque Homo sapiens d’avoir son Soi. (Lien avec l’île 92)

Île.98 : Dernière île ?

Notre exploration touchait à sa fin. Avant de conclure nous nous autorisâmes un peu de musique

Orgue et autres métaphores  

    Un instrument de musique : l’orgue pourrait être une métaphore qui permette de mieux comprendre la complexité et l’originalité de la production d’odeur par la peau.

Chaque tuyau correspondrait à une molécule odorante, produite par une, ou plusieurs, bactéries.

L’air envoyé, le « vent » pour un orgue, est constant.

En appuyant sur les touches du clavier, l’organiste oriente le vent dans tel ou tel tuyau (comme pour le piano, la façon d’appuyer sur les touches fait partie de l’expertise de son interprétation)

 Le vent peut, dans l’épiderme, être assimilé à la fourniture des matières premières nécessaire à la formation d’odeur : la sécrétion des glandes apocrines, (lien vers l’île.05), l’eau de la perspiration (lien vers l’île.06), le NMF (lien vers l’île.08), les facteurs physiques (lien vers l’île.09). Le tout est aussi constant que le vent de l’orgue, au moins en première analyse.

   La différence essentielle entre l’orgue et l’épiderme est l’effet des touches. Pour les odeurs corporelles, au lieu de libérer le « vent », les « touches » limiteraient l’effluve de telle ou telle molécule, par une modération de l’action de telle ou telle bactérie.

   Les « touches » de l’épiderme fonctionneraient comme des freins.

Le « clavier » comporterait :

- Les défensines, via les Récepteurs d’amertume, dont l’action est différée, assez spécifiques et assez étendue dans l’espace des colonies bactériennes

- Le monoxyde d’azote, via également les Récepteurs d’amertume, dont l’action est très rapide, peu spécifique mais limité dans l’espace

- Les bactériocines, pour la modération des bactéries envers des bactéries d’une autre espèce.

- Les lipides bactériostatiques (squalène, acide palmitoléique) et les enzymes ayant une action faible et à long terme

- Auxquelles s’ajoutent vraisemblablement des limitations de limitations, par exemple par les récepteurs du sucré.

 

    Pour compléter la métaphore, il faut considérer qu’un panache parfumé est envoyé en une seule fois ; comme si l’organiste appuyait sur dix touches à la fois, davantage si on compte l’utilisation des pédales, ou si l’organiste à plus de dix doigts !

Le panache parfumé est analysé par le nez du Récepteur en notes de tète, de cœur et de fond.

La différence orgue/épiderme n’est pas si absolue car un mélomane reconnaît également chacune des notes des « dix touches » sur lesquelles l’organiste a appuyé en même temps …

… à condition, et c’est fondamental, que ces notes/touches traduisent une harmonie ! Sinon ce n’est que du bruit, un bruit inintelligible !

Et pour les parfums, en absence d’harmonie, le panache parfumé n’est-il pas qu’une mauvaise odeur !

« La musique, c'est du bruit qui pense. » de Victor Hugo devient « Le parfum, c’est une odeur qui pense. »

 

     Un système fonctionnant non pas à l’accélérateur mais « au frein » permet une réaction très rapide à la moindre modification.

En utilisant une autre métaphore, celle de l’automobile, si celle-ci fonctionnait avec un moteur toujours au maximum de sa rotation et si sa vitesse de l’automobile était modulée en actionnant uniquement le frein, la moindre modification de la pression sur le frein permettrait une réaction immédiate.

    Or, est-ce un hasard ? Robert Lee et Noam Cohen ont montré que les récepteurs d’amertume réagissent très rapidement ! (lien vers l’île.51)

    Or, justement, Robert Lee et Noam Cohen ont montré que les récepteurs d’amertume sont d’une réactivité très rapide ! (lien vers l’île.51)

 

En guise de conclusion   

     À la question sur l’identité des dompteurs de lions/microorganismes nous espérions, pouvoir répondre par : le système immunitaire dont le HLA est une représentation, (Lien vers l’île.91)

 

  Or

 

1° C’est un système immunitaire « alternatif », celui de l’île des Récepteurs de l’amertume avec laquelle de nombreux liens ont été observés.

L’île.51 peut être considérée comme une super Île ou un Super nœud selon la terminologie d’un système « invariant d’échelle » (free scale).

La recherche d’un lien entre le HLA et la formation des odeurs a été un échec.

Il doit portant exister une Île qui permette un lien entre l’île.94 du HLA et l’île.51 des Récepteurs de l’amertume.

Nous espérons que cette nouvelle terra incognita suscitera la vocation d’autres explorateurs.

 

2° Le seul lien, lointain, entre Odeur et HLA est l’effet des défensines sur le système immunitaire (lien vers l’île.75). Pouvons-nous dire que, après activation des Récepteurs d’amertume, activant eux-mêmes la production de défensines par les kératinocytes :

- les défensines modulent en quantité et en nature le microbiote cutané, donc les odeurs corporelles servant de signaux olfactifs.

- les défensines modulent le système immunitaire cutané. Les récepteurs sont justement des spécialistes de la reconnaissance de marqueurs du Non-soi, comme … le HLA (lien vers l’île.94)

 

Le lien entre le HLA et l’odeur observé, notamment pas Suma Jacob (Île.91), passerait-il par les défensines, …

… donc par les Récepteurs d’amertume

 

 

3° La recherche d’un dompteur n’était-elle pas vaine ? Ne fusse-t-il par vain de promouvoir les Récepteurs d’amertume au rang d’officier commandant les « gardes frontières supplétifs ».

La « poésie » de l’île.38 où les habitants se disputaient entre eux sur l’action de la sphingosine nous avait donné un échantillon de toute la complexité du vivant où chaque réaction est une succession de pseudo-équilibres.

  Dans l’île.85, celle du bilan intermédiaire, nous avions conclu à un état stationnaire.

Le Chosmo epidermis ne serait-il pas, non pas une démocratie ! mais semblables à ces îles aux épices « découvertes » par Fernand de Magellan où les habitants sont à la fois en guerre permanente et vivent en bonne intelligence, sans qu’il y ait une tribu dominante.

 

Il n’y aurait ni dompteur ni d’officier mais une succession de pseudo-équilibres entres tous les acteurs.
Le Chosmo epidermis serait le théâtre d’une négociation permanente

 

 

Sur le chemin du retour, nous eûmes la surprise de découvrir une dernière île.

Île.99 : Baiser et autres
Goûter les amertumes corporelles

 Dans Amertume dans la peau j’avais proposé que goûter soit le premier test pour sélectionner des nouveaux « actifs » en cosmétologie.

  

Quand Marc-André Selosse, professeur au Muséum d'histoire naturelle, nous rappelle que c’est Penicillium roqueforti ou camenberti qui donnent leurs saveurs aux fromages correspondant, ce n’est pas les microorganismes que apprécions en bouche, et en nez, mais bien les substances produites par ces Penicillium.

 

 

 

 

Des odeurs sont émises par Chosmo sapiens. Mais dans notre Voyage nous avons découvert que parallèlement aux molécules volatiles d’autres substances restent dans le Chromo epidermis.

Ont-elles un goût ?

Il faut qu’elles soient suffisamment petites pour être ressenties par les récepteurs du goût, plus particulièrement les plus puissants de ces récepteurs, ceux de la langue.

Les substances éligibles à avoir un goût sont notamment :

- Les constituants du NMF (lien vers l’île.08)

- Les substances amères produites par les bactéries (Île.52)

- Les défensines (Île.71)

- Les bactériocines (Île.40)

- Peut-être certains lipides (Île.34)

     

Considérons les substances amères produites par les bactéries (lien vers Île.52). Ces substances sont reconnues par les Récepteurs à l’amertume des kératinocytes d’un individu. Elles doivent être reconnues par d’autres Récepteurs à l’amertume de la langue du même individu E (E pour émetteur). Elles doivent aussi être reconnues par les récepteurs de la langue d’un autre individu R (R pour récepteur), au moins par certains individus si on tient compte du polymorphisme de ces Récepteurs (lien vers l’île.87).

 

Comme les odeurs, ces substances amères sont à la fois variables d’un individu à l’autre (Île.26), stable pour un même individu (Île.28), variable pour un même individu en fonction de facteurs divers (Île. 29).

 

L’individu R peut utiliser les Récepteurs à l’amertume qu’il possède sur la langue pour avoir des informations sur l’individu E.

 

Parallèlement les défensines sont-elles appréciables par le Récepteur au sucré ?  

 

Le baiser avec interpénétration des langues, voire des pratiques comme la fellation ou le cunnilingus, permettent-ils de goûter son partenaire et de connaître la comptabilité par exemple avec le HLA ? Bien entendu de manière subliminale !

Cette connaissance complète-t-elle les informations données par l’odeur ?

 

Les substances réputées aphrodisiaque sont-elles amères ? C’est vrai au moins pour la quinine que le Président Félix Faure aurait utilisé à cet effet ; ou encore le ginseng, ou le Tongkat Ali (Eurycoma longifolia) …

 

Odeurs d’artifice

Les odeurs d’artifice sont créées par l’homme, ou au moins par ceux qui en détiennent l’art. Les créateurs de parfums, les Nez, pourraient être appelés des Artificiers des odeurs, et les compositeurs de musique des Artificiers du son, les peintres et sculpteurs des Artificiers des couleurs et des formes

Artifice est simplement une référence à ce qui est réalisé par l’homme.

Pour les archéologues, « artefact » est un objet artificiel attribuable à l’activité d’un Homo par opposition à un objet d’origine naturelle.

Artifice « Moyen habile, ingénieux destiné à améliorer, à corriger la réalité ou la nature », dont le sens a évolué vers « Procédé inventé pour améliorer une technique, un art, une manière de faire ou d'être, pour y ajouter un raffinement. »

 

Comme pour les feux, Artifice est opposé à Naturel.

    L’opposition est-elle si stricte ?

Si ces artifices plaisent à un Chosmo sapiens, c’est que dans son cerveau sont naturellement gravées des références, au moins quelques références (lien avec l’île.58, où l’inné est estimé à 25%, mais 25% ce n’est pas 0% !)

       Les feux d’artifice représentent-ils, ou évoquent-ils, des fleurs vues dans la nature?

Certains prétendent que la musique évoque les chants d’oiseau que les « Premiers hommes » auraient entendus dans la nature, c’est charmant ; mais il semble plus naturel que l’évocation soit celle des « gémissements » des femelles des Homo au moment de leurs orgasmes.

 

« Musique et sexe, même frisson » est le titre choisi par Bénédicte Salthun-Lassalle dans Cerveau & Psycho d’avril 2017, pour commenter les travaux de Daniel Levitin et de ses collègue de l’université McGill au Canada, confirmant qu’une mélodie agréable active le même réseau cérébral que la nourriture, les drogues ou le sexe.

Pourquoi un chant d’oiseau activerait-il le réseau cérébral du sexe ?

 

    Un parfum agréable active-t-il le circuit cérébral du sexe, c’est plus que probable, et en terme de Biologie de l’évolution, si une odeur corporelle naturelle est agréable à un individu Chosmo sapiens Récepteur, c’est que les odeurs de l’individu Chosmo sapiens Émetteur correspondent des qualités qui, à un titre ou à un autre, permettront de continuer, ou mieux encore, d’améliorer, l’espèce Chosmo sapiens (en suivant la simplification proposée par Arthur Schopenhauer et lien avec l’île.91)

Si un Artificier des odeurs propose un parfum qui est agréable à un individu R, c’est que ce parfum rappelle/évoque les odeurs d’un individu Chosmo sapiens E possédant des qualités qui, à un titre ou à un autre, permettra de continuer et même d’améliorer l’espèce Chosmo sapiens.

      En terme de Biologie de l’évolution, si une odeur corporelle naturelle est agréable à un individu Chosmo sapiens Récepteur, c’est que les odeurs de l’individu Chosmo sapiens Émetteur correspondent des qualités qui, à un titre ou à un autre, permettront de continuer, ou mieux encore, d’améliorer, l’espèce Chosmo sapiens (en suivant la simplification proposée par Arthur Schopenhauer et lien avec l’île.91)

Si un Artificier des odeurs propose un parfum qui est agréable à un individu R, c’est que ce parfum rappelle/évoque les odeurs d’un individu Chosmo sapiens E possédant des qualités qui, à un titre ou à un autre, permettra de continuer et même d’améliorer l’espèce Chosmo sapiens.

 

    Par ailleurs, Parfum sous-entend une odeur agréable qui s’oppose à une odeur désagréable. Un accord musical n‘est pas un bruit, ou alors un bruit pensé par un Homo sapiens (lien avec Île.98 § orgue)

Un parfum sous-entend également une harmonie, c'est-à-dire une association de molécules odorantes.

 

Si un parfum paraît agréable, et harmonieux, à un Chosmo sapiens Récepteur c’est que dans son cerveau des références sont naturellement gravées.

     Il est bon de nuancer cette évidence,

1° par un rappel du lien avec l’île.58, où la part de l’inné est estimé à 25%, donc l’acquit serait de 75% (même si ces valeurs sont fantaisistes, il faut retenir qu’à la fois l’innée et l’acquit coexistent)

2° par le polymorphisme généralisé que nous avons rencontré dans tout ce voyage.

 Sans l’acquit et surtout sans le polymorphisme, tous les Chosmo sapiens aimeraient tous le même parfum !

 

Ces réserves énoncées, nous pourrions donner un conseil aux Artificiers des odeurs. Plus que dans les fleurs, ne pourraient-ils pas aller chercher leur inspiration dans les – bonnes – odeurs corporelles?

Celle des aisselles ? Trop complexe.

Plus judicieusement, se rappelant des réseaux cérébraux activés par la musique, ils pourraient se diriger vers l’autre partie du corps riche en glandes apocrines (lien vers l’île.11), et en récepteurs de l’amertume (lien vers l’île.51)

Faut-il leur rappeler que les fleurs sont des organes reproducteurs ?

Faut-il leur rappeler que les fleurs sont aussi des organes reproducteurs ?

 

 

Trop de questions restant sans réponse, nous jugeâmes qu’il était temps d’arrêter présentement notre voyage.

À vous, cher lecteur, de le continuer.

 

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Voyage sur l’océan des odeurs de Chosmo epidermis

 

 

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