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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

Saint Nicolas, le Père Noël et moi-même descendirent par une cheminée

 

 

Saint Nicolas, le Père Noël et moi-même descendirent par une cheminée

Avant de devenir, version Coca Cola, le Père Noël était Nike Laos, le futur Saint Nicolas, évêque de Myre, ville de Lycie faisant partie de la zone supposée des premières sédentarisations du Moyen-Orient, où j’étais en train d’interviewer Michel .
Selon la légende, Niké Laos (la victoire du peuple) mit dans les chaussettes des Trois sœurs de quoi payer leur dot. Ces pièces d’or devaient leur faire renoncer, comme le voulait les usages de cette région
*, à se prostituer pour se constituer leur dot, et ensuite se choisir elle-même un époux. L’une plus que l’autre, ces deux traditions étaient fortement éloignées des principes sociétaux gréco-romains d’un évêque de Myre !
Entrer par une cheminée nous semble étrange, mais n’était-ce pas simplement la seule entrée du logis des Trois sœurs, de même qu’elle est la seule entrée du logis aggloméré de Michel !

Dans les fouilles de Troie, les archéologues ont également mis en évidence des bâtiments par lesquels on n’accédait, également, que par le toit.
Des cités aux logis agglomérés ont déjà été soupçonnées au Natoufien, période charnière entre le Paléolithique et le Néolithique, celle vécue par Emma et Michel

 

*

 

 

*..."coutume" (prostitution des filles pour se constituer une de et choisir son époux) qui semble avoir été régionale, incluant jusqu'à l'Arménie.

Depuis la proche Lydie la coutume fut transposée dans sa colonie d’Étrurie/Toscane
Dans La Cassette (ou La comédie de la corbeille Cistellaria) ...
Plaute (auteur latin de comédies, au 2ème siècle avant notre ère)
... fait dire à Lampadion « Ce n’est pas comme ici, où tu es obligée de gagner ta dot à la mode toscane (étrusque) en te déshonorant à faire le commerce de ton corps » (562-563) Haack Marie Laurence dans À la découverte des Étrusques chez La Découverte p.40

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Les Amants d’Ain Sakhri

Cette sculpture en pierre, datée d’environ 9 000 ans av. J.-C. (c'est-à-dire dans la période où se situe cette docu-fiction) a été découverte au proche Orient.

Les Amants d’Ain-Sakhri ne montre pas seulement que des amants entrelacés.

 

Vue de côté (et également par en dessous), elle montre un clairement un phallus humain.

 

Certains voient apparaître deux seins si la statuette est vue de dessus !
Par symétrie par rapport à la vue phalique de dessous, ne serait-ce pas plutôt deux fesses féminines ? certes callipyges, mais beaucoup de « vénus » préhistoriques ne le sont-elles pas ?
En considérant que la femme est très penchée vers l’avant, un triangle pubien n’apparaît-il pas ? de même que l’amorce d’une vulve ? 

Complété à partir de Neil MacGregor : Une histoire du monde en 100 objets.

 

Épousailles mixtes en Amérique

Au Canada, plus de deux siècles auparavant, également dans un but de pacification et d’intégration, l’émissaire du roi Henri IV, Samuel de Champlain, proposa aux Iroquois : « Nos garçons se marieront avec vos filles et ne feront qu’un seul peuple. ».
L’Amour était du côté de Champlain ! Pour être plus précise, les Amérindiennes étaient très sensibles aux charmes des Blancs, ce qui, selon Daniel Royot et Philippe Jacquin (Go West), facilita grandement l’assimilation espérée par Champlain.
René de Chateaubriand, dans Atala, nous livre une version romantique de ces amours (qui, selon la biologie des populations correspondent à la « force de l’espèce » pour éviter la consanguinité, ou enrichir le patrimoine génétique de ses descendants.)

     De leur côté, avec les mêmes objectifs pacificateurs, les Iroquois (Sédentaires, cultivateurs et dont la société était régie selon la matrilinéarité) se montrèrent plus politiques. Ils proposèrent d’intégrer la jeune colonie française comme une sixième nation dans leur confédération.  Créée plus de cent ans avant l’arrivée des premiers Européens, la confédération « des maisons longues » avait mis un terme aux guerres entre les tribus/nations amérindiennes de la région. Suivant la même politique, la colonie hollandaise de la Nouvelle Amsterdam (ville qui deviendra plus tard New York), aurait été la septième nation de la confédération iroquoise.

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L’histoire des États Unis d’Amérique raconte que les Pères fondateurs se seraient inspirés de la confédération iroquoise pour rédiger la Déclaration d’indépendance en 1776.
Sachant que l’inspiration fut aussi, et largement, Franc-maçonne, comme elle s'exprime dans la "progressions des communautés dans le droit à la Vie, à la Liberté et la poursuite du Bonheur.

Après les Conquérants viennent les Régnants.
En Amérique, les administrateurs confisquèrent le pouvoir des Coureurs de bois. À avoir voulu trop s’assimiler ces premiers trappeurs furent accusés, par les Régnants, civils et religieux, de s’ensauvager.

 
Synchronisation des ovulations  

À propos de synchronisation, sans l’ajouter dans ma démonstration devant Michel, je remarquais aussi que, depuis de leur arrivée au camp des Cheyennes, les femmes Blanches avaient dormi dans la même tente que plusieurs Amérindiennes. Cette promiscuité était-elle destinée à créer une synchronisation des ovulations ? comme elle a souvent été observé dans des dortoirs de femmes.

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Sociétés égalitaires

La réaction de Michel pouvait-elle laisser penser que sa société était matriarcale ?
Ma première idée fut de transposer le système de propriété d’autres nomades, autant que le « propriété » ait un sens pour des Nomades et autant que la propriété puisse refléter un rang hiérarchique !
Chez les Cheyennes, la femme était propriétaire de sa tente, et la léguait à une fille, sauf si celle-ci était issue des épousailles avec un Blanc !

Chez les Berbères, la femme possède également la tente et aussi le troupeau, l’homme n’a que son cheval, avec le harnachement, et ses armes, qu’il exhibe si fièrement dans les fantasias !
Chez les Iroquois, la succession de propriété est également matrilinéaire.
Chez les Basques, l’aîné hérite de tous les biens, qu’il soit un fils ou une fille.

Le matriarcat fut envisagé par un des premiers archéologues de la cité néolithique de Çatal Höyük, James Mellaart, plus particulièrement, et avec enthousiasme, par son épouse, Arlette !
    La science permet d’en douter.
Selon le critère selon lequel le sexe dominant se voit attribuer plus de viande, la recherche de disparité par la chimie des isotopes a été vaine.
Selon le critère d’inégalité sociale postulant que les femmes passent plus de temps à l’intérieur du logis que les hommes, des mesures chimiques ont démontré que la quantité de suie fixée sur les côtes des habitants de Çatal Höyük étaient identiques pour les hommes et pour les femmes. Cette quantité égale de suie laisse présumer que les hommes passaient autant de temps à l’intérieur du logis enfumé que les femmes, laissant présumer une égalité homme-femme dans ce village. Au moins une « apparente égalité totale » selon la conclusion d’Ian Hodder, Professeur d’anthropologie à l’université de Stanford et auteur de ces différentes mesures comparatives.

Ma référence personnelle reste le couple Harriet Taylor Mill et John Stuart Mill (Le Libéral John Stuart qualifie leurs relations de "complicité").

Dans De l'assujettissement des femmes (The Subjection of Women) les deux auteurs défendent l'égalité entre les hommes et les femmes y compris le droit de vote.

La préface est très claire :

« … les relations sociales des deux sexes, qui subordonnent un sexe â l'autre au nom de la loi, sont mauvaises en elles-mêmes et forment aujourd'hui l'un des principaux obstacles qui s'opposent au progrès de l'humanité. »
(traduction française Cazelle, source Gallica)

Réciproquement, les rébellions des femmes n’ont-elles pas été concomitantes avec les progrès sociétaux et économiques ?

Égalitarisme

Voir aussi les thèses, ou plutôt les interrogations, exposées par David Graeber et David Wengrow dans leur essai Au commencement était... :

Résumé :

Depuis des siècles, nous nous racontons sur les origines de l’inégalité une histoire très simple. Pendant l’essentiel de leur existence sur terre, les êtres humains auraient vécu au sein de petits clans de chasseurs-cueilleurs. Puis l’agriculture aurait fait son entrée, et avec elle la propriété privée. Enfin seraient nées les villes, marquant l’apparition non seulement de la civilisation, mais aussi des guerres, de la bureaucratie, du patriarcat et de l’esclavage. Or ce récit pose un gros problème : il est faux.

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Homo faber versus Homo sapiens

L’homme qui fabrique est plus important que l’homme qui pense sagement !

Préparé, fabriqué ou cultivé ! Voilà bien ce qui devient honorable !
Dans son chapitre La vie comme souverain bien de la Condition de l’homme moderne Hannah Arendt ajoute en note : « Nietzsche et Bergson décrivent l’action en termes de fabrication – l’homo faber au lieu de l’homo sapiens. Tout comme Marx entend l’agir en termes de faire et décrit le travail en termes d’œuvres. »
Je retrouvais ici le culte, animiste, des produits de l’agriculture. 

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Échanges de femmes

 

Ces dons, ces échanges (ou ces razzia), ont permis à l’ethno-biologiste, Hélène Heyer de remarquer qu’au cours de l’histoire de « notre espèce, ce sont les femmes qui ont le plus bougé. »

 

 

C’est par ses racines d’arbre que le xoanon reste en symbiose avec la matrice première.

 

- Ce sont parfois des pierres levées, n’est-ce pas, Michel ? Ils indiquent la date des équinoxes et des solstices, comme à Stonehenge.

- Tu sais vraiment beaucoup de choses, Euphrosine.

- J’utilise mes connaissances simplement pour essayer de m’immerger dans votre culture, avec … humilité, Michel.

- Que tu en sois félicitée. Une pierre levée, Euphrosine, n’est-elle pas déjà une évocation de la fécondité ?

- … ? Euh ! Limitée à la participation masculine de la fécondation !

- Cette pierre n’est-elle pas enfoncée dans le sol, Euphrosine ? La terre n’est-elle pas à l’origine de toute fécondité ?

- Je n’y avais pas pensé !

- Pour les pierres levées, tu as vu juste, Euphrosine. Elles sont au centre de certains Grands Rassemblements, autrefois ma tribu se joignait à l’un d’eux, c’était dans ma jeunesse, les enfants en étaient tenus éloignés, je n’aperçus ces pierres levées que de loin.
    Ici, le centre sacré est matérialisé par des
xoanons.

- Des xoanons ? Ces petites statues en bois ouvragé comme celle d’Artémis-Cybèle d’Éphèse, celle dont les bras sont amovibles, ou encore celles très simplifiées de Dionysos. Ces xoanons sont à usage votif, voire plus intimes … 

- … ? Nous utilisons aussi des petits xoanons pour les usages que tu viens de décrire, mais ceux dont je veux te parler et qui remplacent ici les pierres levées, sont des arbres ébranchés.

- … ?


En m’inspirant des T de Göbekli Tepe, je demandais :

- Vos … xoanons sont-ils gravés ?

- … ?

- Je vous demande, Michel, si des gravures représentent des animaux, des serpents, des renards, des sangliers, des vautours ?

- Les animaux que tu cites, Euphrosine, sont tous gravés sur nos xoanons.
Même le vautour.
Celui que je préfère est le cerf.

- … ?

Le cerf ! pourtant à l’émotion à prononcer "vautour", je pensais que cet antipathique oiseau était le préféré de Michel.

- Nous voyons dans le cerf une protection, une harmonie, et aussi …

- Et aussi ?

- Un conducteur de l'âme des morts … vers une douce quiétude.

En finissant sa phrase, sans que j’en comprenne le sens, Michel regarda avec émotion vers la banquette.

- …

- Ces gravures sont pratiquées sur des arbres ébranchés, et doivent être rafraîchies de quatre en quatre ans.

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Croix, chapiteaux et vulves 

- Une sorte de croix ? En effet, Michel, bien avant qu’elles ne deviennent la marque du Christianisme, les croix étaient des talismans destinés à apporter la fécondité aux femmes. Les Berbères portaient ces croix en pendentifs, et en portent certainement encore. Parfois ce sont des croix chrétiennes dont le symbole est simplement réinterprété !

… Si je continue votre interprétation, Michel, ou plutôt celui de votre épouse, plus tard, les colonnes qui supporteront le toit des temples, sont des phallus et les chapiteaux, des vulves. Il est vrai que les entrelacs de feuilles d’acanthe des chapiteaux, désignés comme « corinthiens », permettent une évocation, presque réaliste, de vulves et de petites lèvres.
La marguerite ajoutée par certains sculpteurs me laisse perplexe ! De même que sa position supérieure, presque en-dehors de la vulve-chapiteau.

- Pour la marguerite située « en-dehors », Euphrosine, sa présence pourrait bien être une allusion à l’amour « autrement » ?

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Épreuves dans d’autres Grands Rassemblements

Les nombreuses « élévations spirituelles » semblent n’être que la seule « épreuve » des Grands Rassemblements de Michel.
Dans d’autres cultures, en d’autres lieux, hommes comme femmes devaient gagner une île à la nage.

Chez les Basques, il leur fallait être capable de descendre, et remonter, la haute falaise argileuse de la Côte des Basques, vêtus simplement (et seulement) de mandilles, ces vestes de toile grossière. C’est au moins ce que laisse entendre, entre autres, le conseiller Pierre de Rosteguy de Lancre, envoyé en Labourd pour purger le pays de ces sorciers et sorcières.

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Jouissance féminine, et psychanalyse

De son côté, le psychanalyste Jacques Lacan fait de la jouissance féminine un concept à part entière, distinct du plaisir et du désir, mais sans en donner l’avantage évolutif. Cette jouissance est-elle une préparation physiologique et instinctive à la parturition ? si douloureuse et même dangereuse pour la femelle d’Homo sapiens ?
L’« hormone de l’amour », l’ocytocine, et les récepteurs de celle-ci sont-ils le dénominateur commun entre la jouissance sexuelle et l’accouchement, et l’allaitement ?

L' « hormone de l’amour », l’ocytocine et les récepteurs de celle-ci sont-ils le dénominateur commun entre la jouissance sexuelle, l’accouchement, et l’allaitement ?

 

Voir aussi : Jouissance masculine

 
Ocytocine

Une des clés chimiques de ce plaisir réciproque pourrait être une hormone, l’ocytocine, comme l’expose, avec modération, Marcel Hibert dans son excellent ouvrage : Ocytocine, mon amour.
 Comme une clé ne va pas sans serrure, un biophysicien considère l’ocytocine et ses récepteurs.

L’ocytocine libérée au moment de l’extase a-t-elle impulsé l’énergie féconde des Rebelles du néolithique, ainsi que l’accroissement de leur sociabilité

 

Femme crainte, chez les Celtes

Pour la « crainte », je me souvenais que chez les Celtes les pouvoirs de la femme étaient autant craints que respectés.
Si la plupart des assemblées de tribus celtes étaient composées d’hommes, celles qui relevaient des relations extérieures étaient de la compétence des femmes. C’est avec des assemblées de femmes Ibères que Marc-Antoine dut négocier des alliances.
Les hommes Celtes considéraient-ils que leurs femmes étaient plus à craindre par les étrangers que par eux-mêmes ?

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Taureau et corrida


Dans une première étape, le taureau sera entravé par des filets et porté.
Un lieu bien clos sera préparé pour l’accueillir, déjà une arène !

Les femelles l’attendent se léchant l’une l’autre, se montant l’une l’autre.

Que faire du puissant seigneur une fois qu’il a fait ce qu’on attendait de lui ? Le relâcher ? Mais pouvait-on laisser s’échapper et priver le village d’une masse aussi importante de viande ?

Pour profiter de cette aubaine carnée, il fallait d’abord tuer l’animal. Son rang quasi divin ne permettait pas qu’il soit tué d’un coup de merlin.
S’il devait mourir, ce serait dignement, en combattant.
La corrida était née.
Quand la viande était suffisante dans la communauté, la mise à mort de fut qu’un simulacre, comme en Crète ou au Guipuzcoa (Pays Basque Sud)

 
Charpente de bois enchevêtrés

Je remarquais que la terrasse était soutenue par des branches enchevêtrés, surmontées d’une natte peut-être en jonc ou en roseaux. Le Professeur en avait vu des semblables lors d’un de ses voyages en Tunisie, à Monastir. Aucune branche n’était traversante, contrairement à ce que j’avais pu voir sur des reconstitutions de Çatal Höyük.
À mon arrivée, j’avais adopté la marche souple des habitants de ce village « tout en terrasses ». Cette souplesse n’était-elle pas destinée à s’harmoniser avec la souplesse des toit-terrasses ? Cette souplesse n’assurait-elle pas une meilleure résistance aux tremblements de terre, fréquents dans cette région du monde ?

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Voyage en terres gérontocides

Pour compléter les écrits d’Hérodote, le Professeur m’avait conseillé la lecture de l’article de Nadine Bernard, au titre un peu provocateur : « Voyage en terres gérontocides : l’élimination des vieillards comme remède à la vieillesse ? » (https://journals.openedition.org/etudesanciennes/1102).

 

- « Ils en font cuire la chair, et s'en régalent. »

Soleil vert ! Le texte d’Hérodote me plongea dans le roman d’Harry Harrison.
Pour adoucir leur euthanasie, pendant leurs dernières minutes de vie, les vieillards sont baignés de musiques et placés au milieu des plus belles images de la nature. Ensuite de leur cadavre sont extraits des aliments protéinés, destinés aux humains, et vendus sous le nom de Soleil vert.
En 1973, Soleil vert (Soylent Green) a été adapté au cinéma par Richard Fleischer,

 

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Ruse de Cheyenne

- Michel, voudriez-vous ajouter quelque chose ?

- Les Grands Rassemblements permettent les « mélanges ».

- Les Grands Mélanges !

- Le plaisir de préparent la femme à l’accouchement.
Ne vois-tu pas, Euphrosine, une autre vocation, tout aussi fondamentale ?

- Des échanges de connaissances entre les membres des tribus.

- Il est vrai, Euphrosine, que ces échanges peuvent être enrichissants. Ces connaissances nous ont été indispensables quand nous avons commencé notre rébellion.
Mais les Grands Rassemblements apportent bien davantage. Je t’ai dit que les échanges de femmes font partie d’un traité d’alliance entre les tribus.

- Les échanges des si précieuses femmes !

- Depuis que les Grands Rassemblements existent, si un conflit survenait entre des tribus, que penserait chaque guerrier face à un adversaire qu’il s’apprête à tuer ?

- Qu’il pourrait être son fils ! C’est bien cela, Michel !

- Oui, ou son père ou son frère, Euphrosine. Les Grands Rassemblements préservent la « diversité du patrimoine génétique » et aussi, pacifient la région, ou, au moins, limitent les velléités de conquêtes par la force.
Pacifier n’était-elle pas également la volonté des Cheyennes et de Petit Loup ?

- …

-Tu m’as dit toi-même, Euphrosine, qu’en demandant des Femmes Blanches, Petit Loup voulait pacifier la cohabitation entre le peuple Cheyenne et le peuple d’Ulysses.

- Ulysses Grant, le président des États Unis d’Amérique. Oui, Michel.

- Ce chef Cheyenne, Euphrosine, avait certainement d’autres objectifs, plus subtils, d’autres objectifs, à long terme.

- Vous aviez même parlé, Michel, d’une grande habilité, voire d’une subtile malignité ! Je l’avais noté, sans le relever. Pouvez-vous maintenant me l’expliquer ?

- Habilité ? Malignité ? oui, Euphrosine
S’il avait voulu, réellement, intégrer le peuple Cheyenne à celui des Blancs, pourquoi n’a-t-il pas proposé d’envoyer mille femmes Cheyennes, en échange de mille femmes Blanches ?

- Au lieu de chevaux !

- La raison en est simple, Euphrosine : je crois t’avoir démontré qu’il n’y a rien de plus précieux que les femmes pour la pérennité d’un groupe social ! La proposition de Petit Loup était un marché de dupe. Très habilement, il voulait affaiblir la tribu d’Ulysses. Comment ?

- … ?

- Ce pseudo échange était une ruse ! Même s’il faisait partie d’une recherche d’alliance entre les deux tribus pour faire cesser un conflit, c’était une ruse. En accroissant le nombre de ses génitrices, les Cheyennes gagnaient sur le long terme en augmentant la taille et la puissance de leur tribu.

- Une ruse de … Cheyennes !
Je comprends parfaitement ce point de vue de Nomade que vous venez de développer, Michel. Il est possible que Petit Loup ait voulu berner Ulysses Grant, et en diminuant le nombre de femmes Blanches affaiblir la « tribu » des états-uniens.
Sauf, Michel, que Ulysses Grant était Président d’une grande nation de près de dix millions d’habitants. Petit Loup et ses amis ne devaient être, au maximum, qu’environ dix mille Cheyennes. Même si le Président Grant avait réussi à envoyer les mille femmes, la ruse serait tombée à plat, les États Unis n’aurait pas été sensiblement affaiblis !

Et, effectivement, la ruse échoua. Le conflit perdura. Les Cheyennes furent vaincus. 

 

De son côté, le Grand-père de Washington faisait face à deux tendances : celle des philanthropes qui souhaitaient préserver les Amérindiens et les ultras qui voulaient les exterminer 

 

- Mais le conflit perdura. Les Cheyennes furent vaincus. 

- Vaincus ! … En redevenant des Nomades, les Cheyennes étaient déjà des Sédentaires vaincus, errant, tenaillés par la faim.

- Errants, mais aussitôt qu’ils avaient pu établir un nouveau campement, même dans un environnement difficile et aride, avec une omoplate de bison, les Cheyennes travaillaient un petit carré de terre et y semait quelques plantes vivrières, l’équivalent de vos trois alliés.

Le Professeur m’avait donné à lire l’article de Véronique Pepin : La femme cheyenne au XIXe siècle !

- Cette détermination des Cheyennes que tu me rapportes, Euphrosine, est primordiale, elle montre qu’ils avaient conservé l’essentiel … l’essentiel de ce qui fait d’eux des Sédentaires.

- Quel est cet « essentiel », Michel ?

- Voyons, Euphrosine ! Pour pouvoir cultiver, il faut semer, et pour pouvoir semer, il faut avoir gardé des semences. Garder des semences, au lieu de les manger, c’est anticiper ! Anticiper est la marque des Sédentaires.
Comme nous, en travaillaient un petit carré de terre, les Cheyennes ne contemplaient-elles pas aussi l’avenir ?

- Leur avenir, Michel, ne fut pas, hélas, celui qu’elles avaient escompté !

- …

- …

 

Poteries

 La voie de l’inventivité continuait mais elle fut beaucoup plus longue que celle des briques, le soleil ne suffisait pas, il fallait l'aide du feu. Chaque vieux, chaque Illuminé, apporta son expérience et contribua à faire progresser notre nouvelle invention.
           Ces vieilles mains déformées avaient malaxé de l’argile quand les eaux du Déluge s’étaient retirées. Il avait inventé les briques. Avec l’aide de l’Illuminé ses pensées s’étaient faites réalités.
À la glaise des briques, d’autres proposèrent d’ajouter des herbes plus molles, et de remplacer les plumes par du duvet. La consistance de cette pâte devait rester souple.
L’argile aussi devait être bien choisie. Au début nous l’avons battue et malaxée à la main, puis comme l’avait fait ma petite-fille, nous l’avons piétinée longuement, en nous relayant,
Un autre vieux, à moins que ce soit une vieille, peu importe d’ailleurs, grande maîtresse du feu, a proposé de placer du bois vert à un certain endroit pour réguler la cuisson des poteries. Tant qu’à faire un grand feu, autant faire cuire de nombreuses poteries. Commencèrent les grandes séries. Mais, combien de bois a-t-il fallu aller chercher ! Mes vieilles jambes s’en souviennent !

 

« Autrement », était, quand elle s’appliquait à l'hétérosexualité, la “Sodomie imparfaite” des savants théologiens, celle qu’un simple confesseur pouvait absoudre (selon Pierre Hahn cité par Élisabeth Badinter dans XY).

 

Une anthropologue de terrain
... qui passa plusieurs années dans une tribu de chasseur-cueilleurs d’Amérique du Sud a confié à un ami que sa volonté d’intégration au peuple qu’il l’accueillait et son profond dévouement à la science l’ont conduite à utiliser une voie qu’elle n’avait jusqu’alors encore jamais explorée.
Dans le chapitre du contrôle des naissances de sa publication finale, elle n’envisagera ni herbes ni abstinence. Mais, en revanche, il est probable qu’elle laissera de côté la totalité de ce sulfureux chapitre. Elle attendra la fin de sa carrière, quand elle n’aura plus à attendre ni honneurs, ni avancement, ni crédit de recherche, pour le publier !

 

Le premier cyborg.

Le Professeur : L’amélioration du charognage nous donne l’exemple d’une première Conquête, celle de l’outil.
Imaginons, une petite bande de bipèdes, lointains ancêtres d’Homo sapiens.
Ils se tiennent à une distance respectable d’un groupe de lionnes qui viennent d’achever une grande antilope. Le lion est venu prendre sa part. Rassasiés, les félins s’éloignent doucement, comme à regret.
Nos amis croient pouvoir profiter des restes, mais les vautours s’abattent dans un bruit d’ailes menaçant.
Un des bipèdes prend un bâton et l’agite, à la grande admiration de tous, les vautours s’éloignent. Un succès ? Il n’est qu’éphémère.
L’élan des homininés vers la chair fraîche convoitée est brisé net par les cris des hyènes. Le bâton ? Il est réduit en miettes par les mâchoires hurlantes.
Quand, enfin, les charognardes s’éloignent, repues à leur tour, il ne reste que quelques os qu’elles ont dédaigné de briser.
Les fourmis et d’autres pullulants commencent à couvrir le squelette. Il faut faire vite. Quelques os doivent encore cacher la succulente moelle. Il faut réfléchir, vite.
Nos bipèdes n’ont pas la puissance de mâchoire des hyènes. Quelqu’un prend une pierre, frappe et frappe encore. L’os se brise et la moelle est là devant leurs yeux gourmands, prête à être dégustée.
La prochaine fois cette même pierre ne pourrait-elle pas être lancée contre les hyènes ?

Euphrosine : La moelle était déjà une gourmandise pour nos ancêtres !

- La moelle, comme tout le gras, concentre un grand nombre de calories dans un petit volume. Il est également possible que la gourmandise soit une motivation supérieure à la faim ! La moelle est plus attrayante que des pullulants même si, au passage, quelques insectes ont servi d’apéritif aux bipèdes !
Déjà avec cette pierre, notre bipède est augmenté.
Il raisonne maintenant en bipède-pierre.
Il est devenu le premier cyborg !
Bipède, il veut garder fièrement cette pierre dans sa main.
Il veut que cette pierre devienne sa compagne, son alliée, comme certains hommes gardent constamment sur eux leur Opinel ou leur Couteau suisse.
C’est ce cyborg qui va évoluer, et non plus le simple bipède.

Dans Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis, l’oncle Vania s’en inquiète : « Pourvu, toutefois, qu'on ne se mette pas à en dépendre trop : la pierre taillée pour l'homme, non l'homme pour la pierre taillée ! »

C’est ce cyborg qui va évoluer, et non plus le simple bipède.

Dans Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis, septique, l’oncle Vania prévient : « Pourvu, toutefois, qu'on ne se mette pas à en dépendre trop : la pierre taillée pour l'homme, non l'homme pour la pierre taillée ! »

N’est-il pas plus aisé d’être complétement bipède si on veut garder sa pierre constamment dans sa main ?

Ce bipède n’est pas le seul animal à utiliser un outil mais devenu bipède-pierre, il est le seul à le perfectionner, le diversifier selon son utilisation, une pierre pour casser des os, une autre pour chasser des hyènes ? il va perfectionner sa pierre-outil plus que tout autre animal.
Après l’outil, l’étape suivante est celle du feu.
Le feu, surtout quand il a été domestiqué, nous a permis de nous éloigner définitivement des autres animaux.
Mais après toutes ces Conquêtes technologiques, les humains sont restés des Nomades, ils n’ont modifié ni leurs organisations sociétales ni les pratiques de reproduction.
Avec l’agriculture l’allié n’est plus une pierre inerte, mais est un être vivant. L’Homme et l’orge vont pouvoir co-évoluer, comme l’Homme va co-évoluer avec la chèvre.

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Fatigue et Nietzsche

- Il y a un autre aspect qui concerne l’état de fatigue dans l’état vous étiez quand vous avez été abandonné, Michel.

- … ?

- Le philosophique, Friedrich Nietzsche, déclarait que tous les jugements de valeurs, tous ceux « qui dominent l’Humanité, du moins l’Humanité domestiquée, peuvent être ramenés à des jugements d’épuisés. »

- L’« épuisé » de ce Fiedrich, est parfaitement adapté, Euphrosine. Ton Nietzsche a vu juste.
Épuisés, fallait-il que nous nous laissions mourir ? Certains l’ont fait.
Épuisés, nous sommes devenus des Rebelles.
Épuisés, nous avons aussi cherché à nous économiser.
Épuisés nous sommes devenus inventifs. La lassitude éveillât nos talents.
Épuisés, nous avons semé de l’orge à quelques pas de chez nous.
Épuisés, nous avons constitué un troupeau de chèvres qui pouvaient paître autour de chez nous.

- Une fois dans son ouvrage, Yuval Harari envisage aussi un épuisement, celui de « fouiller les sous-bois en quête de courges comestibles », lassitude qui décida « les jardiniers d’Amérique du Nord » à les cultiver. Parmi ces « jardiniers » figurent justement les Cheyennes.

- Ces courges, si je me souviens bien, Euphrosine, comme anciens Sédentaires, les Cheyennes les cultivaient aussitôt qu’un campement leur apparaissait stable. Nous avons déjà parlé du malheur de ce peuple redevenu nomade.

 

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Margaret Sanger

 

Même si les opinions de Margaret Sanger comportent des faces sombres, comme un puritanisme moral et un racisme assumés, son action dans la libération du corps de la femme ne doit pas être rejeté.
Doit-on rejeter Les mots sous prétexte que Jean-Paul Sartre a apporté son soutient aux Khmers rouges ? doit-on rejeter Voyage au bout de la nuit sous prétexte que Louis-Ferdinand Céline a été un antisémite militant ?

 

Fondatrice du journal The Woman Rebel et, dès 1916,  du Planning familial étasunien (Planned Parenthood Federation of America), Margaret Sanger n’a pas agit seule.

Dans La naissance de la pilule : comment quatre conquérants ont réinventé le sexualité et lancé une révolution, outre Margaret Sanger, Jonathan Eig, convoque évidemment le biochimiste Gregory Pincus,

 

 

 

 

John Rock professeur de gynécologie à Harvard,  (catholique, il a menacé d’excommunication pour ses travaux sur la « Magic Pill »)

 

 

 

 

 

 

ainsi que l’indispensable philanthrope Katharine McCormick (les tracteurs) sans qui les recherches n’auraient pas pu être financées.

 

En France, il fallut attendre 1956 pour que la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé fonde avec deux autres protestantes la pudique « La maternité heureuse ». Elles seront rejointe par le médecin, et franc-maçon Pierre Felix Simon.
        Les ambitions de la Maternité heureuse pourront s’afficher au grand jour en 1960 comme le Mouvement français pour le planning familial. 

 

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Cerveau du néolithique

Le cerveau hypertrophié d’Homo sapiens allait-il servir enfin à quelque chose ? Le striatum, cette partie archaïque enfouie au fond du cerveau, celle qui nous incite à manger mais ne sait pas anticiper allait-elle régresser ? Le cortex de l’intelligence et de la prévoyance allait-il se développer ?
Contre toute attente, avec le néolithique, le volume du cerveau humain domestiqué diminua ! Cette diminution est-il le signe d’une meilleure utilisation de notre cerveau ? ou bien que la taille est un mauvais critère des capacités cognitives ?

 

Parmi les dernières parutions voir

Pourquoi les maths sont bonnes pour le cerveau

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Voir aussi,  

en ce qui concerne  l'augmentation des capacités cognitives, chez la femme :

"Des rapports sexuels fréquents provoqueraient un épaississement de la zone du cortex somatosensoriel qui représente le clitoris chez les femmes."

Quand le sexe change le cerveau

 

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Le règne des soudards

Peu m'importe la tyrannie
Et le règne des soudards
Tant qu'ils nous laissent la vie
Tant qu'aimer n'est pas trop tard

 

 

- Mais, Professeur, si les Régnants plus égaux que d’autres sont des militaires, des soldats, des guerriers ?

- Que font les soldats, Euphrosine ? Ne se lassent-ils pas d’arpenter le chemin de ronde qui protège la communauté des pillards ? la soif de conquêtes les démange, ils pourchassent les pillards de plus en plus loin, ils s’aguerrissent, bientôt ils deviennent des guerriers qui asservissent d’autres villes. Les villes conquises adoptent le système patriarcal des vainqueurs.

Orné de gloire, de retour dans sa cité, quel général vainqueur résisterait-il à la tentation de soumettre sa propre cité à son pouvoir ? à son pouvoir militaire, hiérarchique et patriarcal ?

Des révoltes sociétales contre le pouvoir patriarcal peuvent éclater, sans succès, comme en Crète contre les Grecs, avec succès, comme les Égyptiens contre les Hyksôs,

L’éclipse des Hyksôs, de la XIVe à la XVIIe dynastie, a fini par une révolte des Égyptiens pour rétablir leur coutume, leur civilisation, celle d’un système familial équilibré, mais la une domination patriarcale aura duré quatre cents ans.

Prudents les Grecs lagides de Ptolémée puis les Romains d’Auguste implantèrent leur capitale à Alexandrie « à côté » de l’Égypte

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Égypte égalitaire

L’égalité, les Égyptiens l’avaient déjà inventée !
Pour la célébrer, ils chantaient le grand hymne à Isis en honneur de la femme ?  « C'est toi la maîtresse de la terretu as rendu le pouvoir des femmes égal à celui des hommes ! ».

Fig. µ_243_VX_égypte_couple.JPG

Ce texte est extrait du Papyri d'Oxyrhynque écrit au IIe siècle av. J.-C.  La date n’est pas anodine. Depuis la conquête d’Alexandre, en 330 (avant av. J.-C.), l’Égypte était sous la domination des Grecs. Plus de cent ans plus tard, un scribe a jugé utile de rappeler l’égalité entre les femmes et les hommes dans la civilisation égyptienne. Notons qu’il a précisé que le pouvoir a été « rendu » quand il aurait pu simplement indiquer « donner » !

Cet hymne reprend une tradition existante dès la première dynastie.
L’éclipse des Hyksôs, de la XIVe à la XVIIe dynastie, a fini par une révolte des Égyptiens pour rétablir leur coutume, leur civilisation, celle d’un système familial équilibré.

Suite en cours de rédaction

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Domination qu’il convient de nuancer

… car les Athéniennes pouvaient quand même hériter de leur époux, ce droit eut pour conséquence que près de la moitié du foncier fut détenu par des veuves, au grand dam de quelques Athéniens.
… et surtout, n’en déplaise à tous les thuriféraires de la civilisation athénienne, le fameux « siècle de Périclès » aurait dû être dénommé, les « quatre lustres d’Hypatie », Hypatie, une femme, une hétaïre, une métèque de Millet ! Lustre dans les deux sens du terme puisque ce « siècle » n’aura duré que vingt ans, les quatre lustres pendant lesquels Hypatie fit briller les arts à Athènes.
Il y eut quand même un philosophe athénien féministe, ou presque, Diogène de Sinope.

- Domination qu’il convient de nuancer, car les Athéniennes pouvaient quand même hériter de leur époux, ce droit eut pour conséquence que près de la moitié du foncier fut détenu par des veuves, au grand dam de quelques Athéniens.
… et surtout, n’en déplaise à tous les thuriféraires de la civilisation athénienne, le fameux « siècle de Périclès » aurait dû être dénommé, les « quatre lustres d’Hypatie », Hypatie, une femme, une hétaïre, une métèque de Millet ! Lustre dans les deux sens du terme puisque ce « siècle » n’aura duré que vingt ans, les quatre lustres pendant lesquels Hypatie fit briller les arts à Athènes.
Il y eut quand même un philosophe athénien féministe, ou presque, Diogène de Sinope.

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- Mais si les Régnants plus égaux que d’autres sont des militaires, des soldats, des guerriers ?

- Que font les soldats ? Ne se lassent-ils pas d’arpenter le chemin de ronde qui protège la communauté des pillards ? la soif de conquêtes les démange, ils pourchassent les pillards de plus en plus loin, ils s’aguerrissent, bientôt ils deviennent des guerriers qui asservissent d’autres villes. Les villes conquises adoptent le système patriarcal des vainqueurs.

Orné de gloire, de retour dans sa cité, quel général vainqueur résisterait-il à la tentation de soumettre sa propre cité à son pouvoir, à son pouvoir militaire, hiérarchique et patriarcal ?

Des révoltes sociétales contre le pouvoir patriarcal peuvent éclater, sans succès, comme en Crète contre les Grecs, avec succès, comme les Égyptiens contre les Hyksôs,

L’éclipse des Hyksôs, de la XIVe à la XVIIe dynastie, a fini par une révolte des Égyptiens pour rétablir leur coutume, leur civilisation, celle d’un système familial équilibré, mais la domination patriarcale aura duré quatre cents ans.

Prudents, les Grecs lagides de Ptolémée puis les Romains d’Auguste implantèrent leur capitale à Alexandrie « à côté » de l’Égypte.

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Droite libérale et féminisme

« patriarcalo-libéralisme ».
Cette association, retrouvée même sous la plume des meilleures chercheuses du féminin et de la féminité, y compris Camille Froidevaux-Metterie, diabolise le libéralisme.

Pourtant, une observation objective de l’histoire montre, qu’au moins en France, ce sont les Libéraux qui ont été les plus ouverts aux Rebelles féministes :

- Sous la présidence de De Gaulle, Lucien Neuwirth* fit voter, en décembre 1967, la loi autorisant la contraception orale, celle de la Pilule. Même avec ses imperfections, une étape fondamentale a été franchie. - Charles De Gaulle avait également signer l'ordonnance accordant le droit de vote aux femmes, en 1944

- Valéry Giscard d'Estaing était président de la République quand Simone Veil fit voter la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, en 1975.  

Libéral en économie, libéral vis-à-vis des mœurs !

Le journal Libération, qu’il est difficile de taxer d’être « de droite », reconnaît qu’une alliance des libéraux et des socialo-communistes a permis l’adoption de la loi.

« patriarcalo-libéralisme » serait-il un oxymore ?

La référence pourrait rester le couple Harriet Taylor Mill et John Stuart Mill (John Stuart, le libéral, qualifie leurs relations de complicité).

Dans De l'assujettissement des femmes (The Subjection of Women) les deux auteurs défendent dès 1869 l'égalité entre les hommes et les femmes y compris celui du droit de vote.

La préface est très claire :

« … les relations sociales des deux sexes, qui subordonnent un sexe â l'autre au nom de la loi, sont mauvaises en elles-mêmes et forment aujourd'hui l'un des principaux obstacles qui s'opposent au progrès de l'humanité. »

(traduction française Cazelle, source Gallica)

(« le progrès de l’humanité » doit être compris au sens très puisant de l’esprit des Lumières encore très présent en 1869)

Réciproquement, les rébellions des femmes n’ont-elles pas été concomitantes avec les progrès sociétaux et économiques ?

*

 

À l’occasion du cinquantenaire anniversaire de la loi donnant accès à la contraception orale, Lulu la pilule, alias Lucien Neuwirth, témoigne des soubresauts qui accompagnèrent la présentation de cette loi.

Morceaux choisis :
Le député et « éminent » docteur Hébert prophétise des « troubles psychologiques impressionnants qu'occasionne toute forme de contraception, sur les hommes comme sur les femmes » ainsi que ces «mutations génétiques et chromosomiques qui ne manqueront pas d'affecter les générations suivantes et donneront naissance à des «super-mâles asociaux, du type James Bond et Chéri Bibi».

Un autre médecin, le docteur Coumaros pousse un cri d’angoisse : « Avez-vous songé que, désormais, c'est la femme qui détiendra le pouvoir absolu d'avoir ou pas d'enfants en absorbant la pilule, même à votre insu ?» Et de déposer un amendement afin que la prescription ne soit faite qu'avec l'accord du mari.
Un autre amendement demande que « la fourniture de contraceptifs soit exclusivement réservée aux mères de deux enfants, après présentation du livret de famille. »

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