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Publié par Jean-Pierre FORESTIER

Île.21 : Flore des aisselles

     La majorité de la flore (96%) du Chosmo epidermis axillaire (sous les bras, aisselles) appartient aux genres Staphylococcus, Corynebacterium et Propionibacterium.

On rencontre aussi Betaproteobacteria, Clostridiales, Lactobacillus, et Streptococcus.

      Staphylococcus hominis, Corynebacterium tuberculostearicum, Anaerococcus spp. ont été récemment ajoutés à la liste de ceux provoquant des mauvaises odeurs.

      La plupart sont aérobies, mais certains, enfouis au plus profond de l’épiderme, notamment dans le canal pilo-sébacé, peuvent être anaérobies, comme par exemple les Anaerococcus.

       La bonne odeur, celle pour laquelle nous avons entrepris ce voyage, serait davantage associée à Staphylococcus epidermidis et Propionibacterium acnes.

Mais Staphylococcus epidermidis (photo) aime bien tous les endroits humides (lien vers Île.06 : L’eau) y compris l’espace entre les orteils, dont la qualité de l’odeur est contestable.

 

Île.22 : Flore et odeur des aisselles

     Nous voici dans une île qui retient toute notre attention, celle des aisselles = zone axillaire = sous les bras.

     Confirmant les travaux d’Albert Kligman, selon lesquels les individus dont s’émane la plus forte odeur sont aussi ceux dont la flore est la plus riche en Corynebacterium (Lipophilic dipheteroids  sur la figure.)

P. Rennie, de Procter & Gamble Health and Beauty Care Division, Egham, (Royaume Uni) précise qu’aucune relation n'a pu être établie entre l'intensité de l'odeur axillaire et la densité des Staphylococcus, Micrococcus ou Propionibacterium.

 

     

Corynebacterium semble triompher, mais la subtilité de la différence entre les (bonnes) odeurs oblige à ne négliger aucune espèce.

   

Pour les relations entre la flore et les mauvaises odeurs, vous pouvez voyager vers l’excellent travail de Vladimir Lazarevic de chez Firmenich  

 

 

Île.26 : Variétés individuelles du microbiote épidermique

     « On s'est … aperçu … qu'il n'existe pas deux microbiotes identiques. » Gérard Eberl

Les flores cutanées, des mains, sont apparues suffisamment diverses/distinctes à Noah Fierer et Rob Knight pour qu’ils proposent d’en faire un moyen de reconnaître un individu, au même titre que ses empreintes digitales. (Voir La peau et ses odeurs

 

 

Variété de la flore cutanée pour quatre individus HV1, HV2, HV3 et HV4 pour quatre régions cutanées différentes.
Figure empruntée à Elizabeth Grice et Julia Segre)

Île.27 : Variétés individuelles de la flore axillaire

    Tous les auteurs signalent la très haute variété individuelle de la flore des aisselles, encore plus variable que celle observée pour les autres régions de Chosmo epidermis, y compris celle observée pour la paume des mains (lien vers Île.26)

    Les différences individuelles entre les bactéries des aisselles chez six femmes et cinq hommes en donnent un exemple.

Figure empruntée à Vladimir Lazarevic

 

  Prévalence : Pourcentage de personnes hébergeant la bactérie répertoriée. Par exemple des Micrococcaceae ont été observés chez 100% des femmes et des hommes examinées, 47% des hommes et 30% des femmes hébergeait Propionibacterium acnes.

Les Micrococcaceae identifiés par Kligman sont : Staphylococcus epidermidis (environ la moitié) ; Staphylococcus saprophyticus (environ un tiers) et Staphylococcus aureus pour une dixième

Les “diphtheroids” sont ici des Corynebacterium.

  

La Table I, ci-dessus, plus ancienne, empruntée à Albert Kligman, montre que si Micrococcaceae est présent sous toutes les aisselles, la prévalence baisse considérablement pour les autres bactéries observées. Indiquant une grande variété du microbiote cutané d’une personne à l’autre.   

      La prévalence moindre pour les femmes que pour les hommes pourrait laisser présumer, que les femmes ont une odeur plus variée que celle des hommes.

 

La figure (Table 1), empruntée à A. Gordon James (Unilever), ajoute à la prévalence, la relation entre le microbiote et la mauvaise odeur

 

Par ailleurs, d’après les observations de Vladimir Lazarevic (Firmenich), la variété d’odeur entre les individus diminue chez les utilisateurs d’Antiperspirant (figure 1.A de l’article)

 

 

Île.28 : Stabilité individuelle de la flore

    Même après s’être laver les mains, quelques heures après, le microbiote cutané de la paume de la main se reconstitue à l’identique.

 

     Albert Kligman avait également observé que la flore axillaire, d’un même individu, varie peu en fonction du temps, ni d’une aisselle à l’autre.

    Le retour à sa propre odeur peut passer par une flore intermédiaire puisque, toujours sous les aisselles, Julie Urban et ses collègues du Museum de Sciences Naturelles de Caroline du Nord (USA) ont observé qu’après avoir cessé d’utiliser un antiperspirant ou un déodorant, la population dominante de la flore devient Staphylococcaceae alors qu’elle est, pour les aisselles odorantes, Corynebacterium (voir Île.27)

Remarque : Le travail du Julie Urban a été financé par le Bureau de Recherche des Armées des USA.

 

 

 

 

 

Si, pour chaque individu, le microbiote de Chosmo epidermis se reconstitue à l’identique c’est qu’il est fonction du « terrain » constituée par la peau de chaque Chosmo sapiens.

 

L’idée d’utiliser des probiotiques (bactéries vivantes) comme le préconise Markus Egert (voir revue) semble vaine puisqu’un état stationnaire se recrée rapidement.

  Un ensemencement régulier de la peau (qui a été au préalablement lavée) serait nécessaire, et plus souvent que toutes les quatre heures (voir La peau et ses odeurs).

Cette pratique est envisageable dans le cadre de cure médicale. Mais reste médicale puisque l’addition de probiotiques est interdite dans le domaine cosmétique.

 

Il reste aux Cosmétologues les prébiotiques, ces petites gâteries destinées à chouchouter telle ou telle population bactérienne. Voir Les actifs et le microbiote cutané.

 

Île. 29 : Modification individuelle de la flore

      Bien que stable « en moyenne », le microbiote personnel, et les odeurs émises, varient transitoirement en fonction de très nombreux facteurs :

- La nature de la nourriture (voir T-shirt odorant), les médicaments, etc.

- La restriction de nourriture, le jeûne (« quand tu jeûnes, parfumes ta tête » Matthieu 6.17). Avec le jeûne, nous commençons à apercevoir dans le lointain les Récepteurs à l’amertume (Lien vers l'Île.51)

- La fatigue, comme celle de la fin de la journée. Mais la mauvaise odeur en fin de journée peut également être la conséquence d’une accumulation des mêmes molécules odorantes qui donnaient une bonne odeur le matin (voir Île.02. Toute harmonie est dosage)

Comme l’indique Eugenie Fredrich, la lutte contre la (mauvaise) odeur corporelle est quotidienne !

- Le stress, la peur, l’anxiété, et même la douleur.

- Le cycle menstruel. (Voir aussi le Île.43 : les femmes entre elles.)

- L’âge sexuel. L’intensité de l’odeur semble diminuer à la ménopause (d’après Vladimir Lazarevic). Vis-à-vis de l’Espèce, le signal envoyé par la femelle de Chosmo sapiens n’est évidemment pas le même quand elle est en plein état reproductif que quand elle ne l’est plus. Mais c’est vraisemblablement bien davantage l’harmonie des odeurs, que l’intensité, qui est modifiée.

Quant au mâle Chosmo sapiens, ses capacités de fournir un gène de qualité, aussi bien que celles d’aider la femelle aux soins donnés aux enfants, diminuent après la cinquantaine ( ? ), pour chuter dramatiquement chez les septuagénaires (statistiquement). Lien vers Île.01

- La maladie.

- etc.

 

 

 

Le flair du chien est utilisé pour détecter de nombreuses maladies, voir l’article de Pour la Science : Un flair qui a du chien)

Si le chien a une perception consciente et nette de l’odeur (qu’il exprime en remuant la queue, par exemple, lien vers Île.89), il est possible que nous en ayons nous aussi, plus ou moins, une perception subliminale, et floue, qui oriente nos comportements (lien vers Île.03). Autrement dit : les odeurs font partie des paramètres inconscients prit en compte par notre « intelligence »

 

Le microbiote est également et évidemment modifié par des facteurs extérieurs, notamment par l’usage des antiperspirants et de déodorants (Lien vers l’île.28)

 

Remarque concertant le temps de réaction à une modification individuelle.

Pour revenir à « la peur » citée plus haut, le changement d’odeur provoqué par la peau existe et est parfaitement identifiable par un chien.

La peur étant une réaction très rapide, la production de l’odeur correspondante nécessite une réaction tout aussi rapide, de l’ordre de la seconde (moins ?) ; ce qui limite le nombre de processus capables d’une telle célérité. Les récepteurs de l’amertume semblent les mieux placés (Île.51 et 71) 

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